Les gènes du monopole Monsanto modifiés ?


Lundi 15 mars 2010, Erik Rydberg, 1515 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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A partir de quel seuil peut-on parler d’abus de position dominante, de situation monopolistique ? Le géant américain de l’agriculture génétiquement modifiée, Monsanto, a réussi à injecter ses gènes brevetés dans 90% des cultures de soja et 80% des cultures de maïs aux Etats-Unis. C’est assez rentable. Le prix des semences de soja "made in Monsanto" a quadruplé depuis que la société les commercialise. Et le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
ne cesse de croître en valeur : on estime que les agriculteurs ont dépensé 17,2 milliards de dollars pour leurs achats de semences aux Etats-Unis en 2009, soit 56% de plus qu’en 2006. Il y a un petit problème. Un des produits phares de Monsanto, le soja Roundup Ready, génétiquement modifié pour résister à l’herbicide Roundup (également commercialisé par Monsanto), perd en 2014 la protection de son brevet Brevet Titre de propriété intellectuelle qui confère à son propriétaire le droit d’interdire à un tiers d’exploiter le résultat économique de l’invention tirée de ce titre pour une durée limitée (souvent 20 ans).
(en anglais : patent)
– et risque de se voir concurrencé par des variantes génériques du soja manipulé. Il y a un plus gros problème. Les autorités américaines de la concurrence ont entamé de vendredi 12 mars 2010 une série d’auditions publiques où chacun – fermiers, élus locaux, activistes de tous poils – pourra faire valoir ses critiques sur la domination que Monsanto exerce sur le monde agricole. Le procédé est inédit. Et d’évidence populaire : avant même que ces auditions ne débutent, le ministère de la Justice américain a reçu les commentaires écrits de quelque 15.000 mécontents.

Source : Wall Street Journal, 12 mars 2010.