Philips innove : "enfermer" les travailleurs dehors...


Lundi 22 février 2010, Erik Rydberg, 1729 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les faits parlent d’eux-mêmes. Vendredi 12 février 2010, les 212 travailleurs de Philips à Dreux (Eure-et-Loir) terminent leur journée de travail. Devant eux, un week-end comme un autre. Pas vraiment. Un courrier de la direction leur parvient le lendemain, samedi, les invitant "à ne pas se présenter à leur poste de travail". Lock-out d’un genre nouveau : tous licenciés par la bande. Et en effet, en arrivant sur les lieux de leur travail, lundi 15 février, le fait accompli a pris la forme de grilles fermées et d’une trentaine de vigiles épaulés par des chiens de garde. Interdiction d’entrer dans l’usine, même pour récupérer des effets personnels, même pour accéder aux locaux du comité d’entreprise. Ils sont, en toute illégalité, "enfermés" à l’extérieur. Pour parachever le tableau : la proposition de reclassement de la direction, direction Hongrie, 450 euros par mois, étant entendu que les candidats doivent faire preuve "d’esprit d’équipe, de flexibilité, de disponibilité et pratiquer la langue hongroise". Sans rire. Le ministre français de l’Industrie, Christian Estrosi, qualifiera la situation de "choquante" – sans pour autant exiger de Philips quoi que ce soit : "Exiger ? Le gouvernement peut-il exiger quelque chose ?", laissera-t-il choir. Mais la justice, oui. Saisi par les syndicats, le tribunal de grande instance de Chartres ordonnera le vendredi 19 février la suspension du plan social de Philips et la reprise du travail à l’usine sous peine d’une astreinte de 25.000 euros par jour de retard. Les voies de fait, cela ne marche pas à tous les coups.

Source : L’Humanité des 16 et 18 février 2010 et le Journal du Dimanche du 21 février 2010.