L’emploi en plan à Opel


Mardi 9 février 2010, Henri Houben, 2335 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Nick Reilly, le patron de GM Europe, a présenté le plan de restructuration définitif de la filiale du constructeur américain ce mardi 9 février 2010. Comme annoncé précédemment, il en coûtera 8.300 emplois (sur quelque 48.000 au total). La seule fermeture d’unité présentée est celle de l’usine d’Anvers (2.377 salariés). Mais le tribut d’autres sites est également important : 1.799 pour Bochum, 862 pour Rüsselsheim, 900 pour Saragosse, 369 pour Luton, 300 pour Eisenach et Kaiserlautern. 1.300 postes devraient être supprimés dans l’administration et les ventes.

Ce qui étonne dans le projet est qu’à côté d’élimination d’emplois, la direction américaine veut introduire des équipes de nuit (des troisièmes équipes), notamment à Ellesmere Port (2011) et à Gliwice (2010). Ce sont des décisions d’extension de la production et non de diminution de capacités et cela compense certainement la perte d’Anvers. Ainsi, l’équipement n’est pas réduit de 20%, mais l’emploi bien. Le plan signifie donc (en catimini) une hausse de la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
de 20%.

La CSC métal qui bloque la sortie de voitures produites d’Anvers comme trésor de guerre aimerait que cette action soit étendue à toutes les usines du groupe en Europe. Quant à IG Metall, le puissant syndicat allemand, il appelle les Etats – à commencer par l’Allemagne – à ne pas accorder l’aide demandée par le constructeur. Celui-ci espère recevoir, en effet, une garantie de 2,7 milliards d’euros de la part des différents gouvernements européens. Un soutien que, de toute façon, l’Union tient à surveiller scrupuleusement pour voir s’il ne contrevient pas aux règles sur la concurrence. Nick Reilly espère sortir du rouge en 2011 et être bénéficiaire en 2012. Mais c’est mal parti.

Source : Les Echos, L’Echo, Trends tendances 9 février 2010 et GM Europe,
« Opel/Vauxhall CEO Nick Reilly unveils ambitious Plan for the Future Future Contrat à terme (un, trois, six mois...) fixant aujourd’hui le prix d’un produit sous-jacent (titre, monnaie, matières premières, indice...) et devant être livré à la date de l’échéance. C’est un produit dérivé.
(en anglais : future)
 », 9 février 2010 : http://media.gm.com/content/media/intl/en/news/news_detail.brand_opel.html/content/Pages/news/intl/en/2010/OPEL/02_09_opel_nick_reilly_future.