La justice donne raison aux grévistes d’Inbev


Dimanche 7 février 2010, Erik Rydberg, 1658 signes.
Cet article a été visité 121 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

La justice a donné une jolie leçon d’alter-économie au haut clergé du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
 : en l’occurrence, la cour d’appel de Liège, par un arrêt rendu le 14 janvier 2010. Elle avait à juger du conflit opposant la direction d’Inbev, contre laquelle les travailleurs étaient partis en grève pour s’opposer à une vague de licenciements boursiers, et ces derniers, "coupables" d’avoir mis en place des piquets de grève. La juge de la cour d’appel confirmera le jugement en première instance et, donc, déboutera Inbev. Ce sont les attendus de l’arrêt (son raisonnement) qui valent cependant le détour. Extraits. De nombreuses sociétés anonymes, note l’arrêt, "se livrent à un calcul purement économique et financier" pour licencier. Ce faisant, elles "n’ignorent pas que ces mesures de marchés économiques heurtent gravement l’intérêt des travailleurs". Elles n’ignorent pas, non plus, que "dans une démocratie d’Europe", ces "mesures de licenciement important ne réalisent pas la politique de l’emploi poursuivie par les gouvernements, désirée par l’ensemble de la population et nécessaire à la bonne santé du pays". Par voie de conséquence, les grèves visant au retrait d’un plan de licenciement ont "un objectif légitime et ne violent aucune disposition légale", et d’autant plus que l’objectif "est conforme à la politique de l’emploi faisant l’objet d’un consensus national". En clair : "cet objectif ne présente pas un degré moindre d’intérêt public que l’objectif économique et financier d’une entreprise poursuivant son but lucratif". Il y a là comme un franc-parler.

Source : Solidaire, 04 février 2010.