Renault à Flins-sur-Turquie


Mercredi 27 janvier 2010, Henri Houben, 1653 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La petite histoire compte trois personnages : le président français Sarkozy, son ministre de l’Industrie, Christian Estrosi et le patron de Renault, Carlos Ghosn. L’enjeu : l’usine de Flins dans les Yvelines en France qui occupe encore 3.400 salariés.
Premier acte : les responsables de Renault annoncent que la production de la nouvelle Clio (la quatrième version du modèle) sera concentrée en Turquie, à Bursa. En 2009, ce site a déjà assemblé 280.000 Clio contre 125.000 à Flins. Pour l’unité française, ce sera la Zoé, la nouvelle voiture entièrement électrique.
Deuxième acte : le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, se déclare choqué. Il condamne ce qu’il considère comme une décision : si l’Etat a aidé les constructeurs français, il faut qu’ils conservent les emplois français.
Troisième acte : le président Sarkozy convoque le patron de Renault à l’Elysée pour l’obliger à des concessions. La seule que celui-ci fera sera de créer un comité stratégique industriel où l’Etat sera tenu au courant des futures décisions du groupe et pourra y réagir. Il répète qu’il a l’intention de conserver les 3.400 emplois de Flins. Mais pour combien de temps encore ?
Pour une voiture de bas de gamme comme la Clio, le différentiel de coût de production avec des sites à l’est se situe aux environs de 10%. Au début des années 80, l’usine comptait encore plus de 21.000 travailleurs.

Source : Les Echos 14 et 18 janvier 2010, Le Monde 12, 13 et 15 janvier 2010, L’Usine nouvelle, 13, 15, 17 et 21 janvier 2010,
Global Insight Auto, 18 janvier 2010