Fiat à Termini : la démocratie par le vide


Mercredi 27 janvier 2010, Henri Houben, 1419 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’usine de Termini en Sicile sera fermée en 2012 et c’est irréversible. C’est ainsi que s’est prononcé le président de Fiat, Sergio Marchionne. Il n’y a pas d’échappatoire, selon lui. Le taux de surcapacité est estimé à 50% actuellement en Europe. Et, ajoute-t-il : « Les constructeurs européens ne veulent pas fermer d’usines. En fait, ils sont souvent payés pour ne pas le faire ». Il précise : au « niveau mondial, notre industrie a la capacité de produire 94 millions de voitures par an, environ 30 millions de plus que ce que nous pouvons vendre de manière générale ».
Ces propos tenus lors du salon de Detroit ont été interrompus par un manifestant qui a crié en anglais et en italien : "Honte ! Honte ! Honte à vous, Chrysler et Fiat, de détruire des emplois !". Il n’a pas pu tenir longtemps, car il a été expulsé de la salle de conférence. Ensuite, une jeune femme est montée à la tribune lors de la traditionnelle séance de questions et de réponses. "Ma mère a été tuée par un véhicule Chrysler défectueux !" a-t-elle déclaré. La sanction ne s’est pas fait attendre : elle a été escortée jusqu’à la porte de sortie.
Après cela, il n’y avait plus personne pour contester la validité impérieuse de fermer l’usine de Termini qui emploie 1.400 personnes.

Source : Les Echos 22 janvier 2010, Le Monde 14 janvier 2010.