Opel : des aides publiques qui faussent la concurrence...


Mercredi 30 septembre 2009, Tiago Stichelmans, 1665 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le plan de restructuration d’Opel, comme suite à son rachat par le constructeur canadien Magna, est un mixe d’aide publique (l’Allemagne allonge 4,5 milliards d’euros) et de suppression d’emplois, quelque 10.000 sont menacés, répartis de la manière suivante : 4.116 en Allemagne (environ 16% des effectifs), 2.517 en Belgique (Anvers, 100%), 2.090 en Espagne (32%) et 1.373 au Royaume-Uni (30%). La Belgique, l’Espagne et le Royaume-Uni en contestent la logique industrielle. En effet, d’après les informations obtenues par le Financial Times, les installations allemandes ne sont guère les plus productives du groupe Opel. Calculées sur la base du temps nécessaire à l’assemblage d’un véhicule, ces données indiquent ainsi que les installations espagnoles et britanniques sont plus productives que deux des trois usines allemandes. Ainsi, il faut 19,5 heures pour assembler une voiture à Saragosse (Espagne), 24,2 heures à Luton (Royaume-Uni), 25,2 heures à Anvers (Belgique), 14,9 heures à Eisenach (Allemagne), 24,4 heures à Bochum (Allemagne), et 33,1 heures à Rüsselsheim (Allemagne). Données contestées par la direction d’Opel, on s’en doute. Elles viennent cependant jeter plus qu’un doute sur l’influence que les aides publiques allemandes ont eu sur une répartition des "sacrifices" dont l’Allemagne est le principal bénéficiaire. D’autant que, la Commission européenne interdisant toute aide susceptible de fausser le jeu "naturel" de la concurrence, l’Espagne et le Royaume-Uni se sont empressés de protester à ce portillon.

Source : Financial Times des 23, 24, 25 et 26 septembre 2009.