Continental, Molex : délit de non information


Jeudi 30 avril 2009, Bruno Bauraind, 2259 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le 23 octobre 2008, trois mois après la décision de fermeture prise aux Etats-Unis par les principaux actionnaires, la direction de l’usine Molex, sous-traitant automobile, à Villemur-sur-Tarn, signifiait leur licenciement prévu en juin 2009 à près de 300 travailleurs. L’usine est, selon sa direction, une nouvelle victime de la crise et d’un marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
automobile européen saturé. Le 20 avril 2009, cependant, un syndicaliste intercepte un email adressé par son management à Peugeot (PSA). Le document fait état de la "sécurisation des stocks". En d’autres termes, il s’agit d’assurer son principal client de la continuité de l’approvisionnement. La stratégie est double. D’une part, en augmentant le temps de travail à Villemur avant l’annonce de la fermeture, Molex a rempli les stocks de sa filiale aux Pays-Bas. D’autre part, la direction a progressivement transféré aux Etats-Unis les copies des moules et des outils de l’usine française et par là, mis en place progressivement une chaîne de production à l’identique outre-Atlantique. Reste alors à se séparer du principal "coût de production", la main-d’œuvre, en ne l’informant que très partiellement, cela va de soi, histoire de vider le dialogue social de son contenu. Pourtant, en 2004, lorsque Molex achète l’usine de Villemur au groupe Safran, l’actionnariat américain avait pris soin de maintenir la paix sociale en promettant de ne pas diffuser le savoir-faire, de conserver la production sur le site et de maintenir le contrat d’exclusivité liant l’usine à PSA… C’est une fermeture programmée qui en rappelle une autre, celle de la fabrique de pneus Continental à Herstal. Le 12 février 2001, l’administrateur délégué du géant allemand annonçait la fermeture de la filiale belge du groupe. Quelques mois plus tard, un disque dur égaré par la direction révélait aux 700 travailleurs concernés les dessous d’une délocalisation Délocalisation Transfert de production vers un autre pays. Certains distinguent la délocalisation au sens strict qui consiste à déplacer des usines ailleurs pour approvisionner l’ancien marché de consommation situé dans la contrée d’origine et la délocalisation au sens large qui généralise ce déplacement à tout transfert de production.
(en anglais : offshoring).
vers l’Est décidée depuis plusieurs années…

Source : Bruno Bauraind, Autopsie d’une délocalisation Délocalisation Transfert de production vers un autre pays. Certains distinguent la délocalisation au sens strict qui consiste à déplacer des usines ailleurs pour approvisionner l’ancien marché de consommation situé dans la contrée d’origine et la délocalisation au sens large qui généralise ce déplacement à tout transfert de production.
(en anglais : offshoring).
. La liquidation du pneu made in Belgium, Charleroi, Couleur livres, 2009.
Le Canard Enchaîné du 29 avril 2009 et l’Humanité des 22 et 27 avril 2009.