JCDecaux voit la crise avec un œil qui salive


Mercredi 8 avril 2009, Erik Rydberg, 1689 signes.
Cet article a été visité 98 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

JCDecaux est sans doute un des plus tristes exemples du partenariat public-privé. En échange de bien peu de choses, en effet, il inonde, sur deniers publics, l’espace public de ses publicités, une véritable privatisation de l’air (visuel, urbain) qu’on respire. Une telle déferlante eût, du temps de l’ex-URSS, été stigmatisée comme la plus vile des propagandes totalitaires… Mais, bon, en temps de crise, comment se porte notre multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
française (numéro deux mondial) du taguage commercial des tissus urbains ? Eh bien, pas trop mal. Les investisseurs n’ont certes guère apprécié la décision de JCDecaux de ne pas distribuer de dividendes en 2009, ni naturellement que ses ventes ont chuté de 10% au premier trimestre 2009. Punition radicale : le titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
a chuté de 20%. Au sommet, à la direction de JCDecaux, on ne s’inquiète pas trop cependant. Les dividendes retournent d’ordinaire aux trois quarts à la famille Decaux, la trésorerie Trésorerie Ce qu’un acteur économique, souvent une entreprise, dispose comme actifs directement disponibles, c’est-à-dire dans ses caisses ou sous forme de comptes bancaires utilisables.
(en anglais : cash)
affiche 112 millions de cash en banque et l’endettement est faible. Donc, on regarde l’avenir avec confiance. Si le projet (octobre 2008) de gober les opérations en terres russes de son rival News Outdoor (News Corp, Rupert Murdoch) a été entre-temps abandonné, le matelas de cash dont dispose JCDecaux et qu’il ne gaspillera pas bêtement en dividendes, sera bien utile pour saisir les "opportunités" de la crise, donc, grignoter les opérations de rivaux gênés aux entournures par le resserrement du crédit Resserrement du crédit Contraction brutale du crédit accordé par les banques sous l’effet de la dégradation de leur situation financière.
(En anglais : credit crunch)
 : Clear Channel, par exemple, dont l’endettement élevé le conduira sans doute à quelques ventes d’actifs pour redorer le bilan : cible de choix…

Source : Financial Times, 12/03/2009.