Aucune crise à la banque du supermarché suisse


Jeudi 2 avril 2009, Erik Rydberg, 1327 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Jamais entendu parler de Migros ? Logique. C’est en Suisse. Et, là-bas, le numéro un de la grande distribution, 84.000 travailleurs, un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
2008 de 14 milliards d’euros et un bénéfice de 460 millions. Ce n’est pas pour ses fromages et ses saucisses, cependant, qu’il a attiré les regards de la presse financière internationale, mais bien à cause de son bras financier, qui capte l’épargne locale et plutôt bien : les dépôts ont bondi l’an passé de 1,7 à 15,8 milliards d’euros : de quoi faire rêver tous les "Davos Boys" du secteur bancaire qui, aujourd’hui, avec leurs coffres remplis d’actifs "toxiques", ne rassurent plus personne, ils font même peur aux enfants – voir Fortis, voir Dexia, voir la KBC, voir… D’où, question, naturellement. Chez Migros, ils ont une arme secrète ? Ils en ont une. D’abord, pas de salaires faramineux pour les membres de la direction, cela va de soi mais, question réputation, déjà, cela aide. Et puis, surtout, ils ont une politique financière pépère simple comme bonjour. L’argent des épargnants qu’ils collectent ne sert, grosso modo, qu’à fournir des crédits à bas coûts aux consommateurs des magasins Migros. Donc, risque zéro, et sympa en plus. De nos jours, c’est presque subversif.

Source : Financial Times, 31/3/2009.