Coca-Cola se fait remballer en Chine


Lundi 23 mars 2009, Erik Rydberg, 1873 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Il y a peu de chance de trouver en Europe, chez l’épicier du coin ou dans un bistrot, un jus de fruit de la marque Huiyuan. Retenons donc juste qu’ils sont produits par le Huiyuan Juice Group, que cette entreprise est le numéro un chinois, avec 42% de ce marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
désaltérant et que le groupe est sous le contrôle de son fondateur (et sans doute millionnaire) Zhu Xinli (36% des parts), de Danone (23%) et du groupe spéculatif "private equity" américain Warburg Pincus (6,8%). Ces trois doivent tirer une bien triste mine. En septembre 2008, en effet, la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
américaine du pétillant sucré Coca-Cola annonçait son intention de l’acheter, pour 1,8 milliard d’euros – c’est trois fois sa valeur en Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
et, donc, une coquette plus-value Plus-value En langage marxiste, il s’agit du travail non payé aux salariés par rapport à la valeur que ceux-ci produisent ; cela forme l’exploitation capitaliste ; dans le langage comptable et boursier, c’est la différence obtenue entre l’achat et la vente d’un titre ou d’un immeuble ; si la différence est négative, on parlera de moins-value.
(en anglais : surplus value).
pour le trio précité – mais, las ! Les autorités de la concurrence chinoises en ont décidé autrement et, fin mars 2009, ont bloqué l’opération : point final, affaire enterrée. On relèvera que, pour justifier leur décision, elles ont évoqué le risque d’un abus de position dominante limitant le choix des consommateurs, d’effets négatifs pour le tissu des PME actives dans le même secteur – et la disparition d’une marque nationale : pas moins de quelque 120.000 internautes chinois ont pris l’affaire à cœur pour protester sur Internet contre la "coca-colisation" de la marque nationale. Bien entendu, les milieux d’affaires ont été prompts à dénoncer la décision, la qualifiant de protectionniste et de peu susceptible d’encourager l’investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
étranger en Chine. Même mésaventure, voici peu, juin 2008, pour le groupe spéculatif "private equity" américain Carlyle, qui avait espérer gober l’entreprise BTP chinoise Xugong Group : ce sera un "niet". Autres cieux, autres mœurs.

Source : Financial Times des 18 et 19 mars 2009, Wall Street Journal du 20 mars 2009.