Opel, filiale de la SA Europe ?


Mardi 3 mars 2009, Erik Rydberg, 2935 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le sort, encore incertain début mars, d’Opel, la filiale européenne de General Motors, qui doit au 31 mars présenter un plan de restructuration sous peine de perdre la manne de soutien publique (13 milliards de dollars jusqu’ici) et périr, éclaire bien les contradictions du secteur. Opel ? Un constructeur d’automobiles allemand passé en 1948, comme tant d’autres entreprises au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, sous protectorat américain. Filiale de General Motors (1929-1933, 1948- ?), il ne dispose même pas d’un compte bancaire en nom propre et ses brevets sont, depuis 2004, automatiquement transférés vers un holding Holding Société financière qui possède des participations dans diverses firmes aux activités différentes.
(en anglais : holding)
de General Motors. Opel compte aujourd’hui neuf usines, dont trois en Allemagne (26.000 travailleurs), une en Belgique (Anvers, 2.700 travailleurs), le reste en Grande-Bretagne, en Espagne, en Pologne et en Russie, soit 55.000 travailleurs pour l’ensemble de la division européenne. Son déficit 2008 est de 2,2 milliards d’euros (une paille comparé à la maison mère qui enregistre une perte de 25 milliards d’euros en 2008 et… un déficit cumulé de 65 milliards). La pensée convenue du jour, crise aidant, est que Opel est trop petit pour survivre seul et trop lourd à porter sans injections publiques. L’Allemagne est prête à allonger 2 des 3,3 millions d’euros attendus, cagnotte à laquelle les autres pays devront suppléer. Sous quelle forme ? Les syndicats belges et allemands, de même que le Comité d’entreprise européen d’Opel et – un peu seul – Die Linke (aile gauche du parlement allemand), plaident pour un Opel à 100% européen, ce qui n’est pas du goût de GM, qui souhaite garder beurre et argent du beurre, genre "partenariat" public-privé . (En passant, on notera que tant le NCR Handelsblad et le Financial Times jugent que GM représente un fardeau pour Opel, tandis que L’Echo, en Belgique, prétend que l’inverse serait vrai – l’info économique, jamais neutre…). L’hypothèse d’un Opel européen "nationalisé" (incluant le suédois Saab, également propriété de GM) permettrait sans doute de répartir et de résoudre solidairement entre les neuf sites le poids de la surcapacité (l’offre dépasse la demande de 400 à 500.000 véhicules) tandis que, dans l’autre cas, une mise en concurrence des sites, donnant l’avantage aux pays à bas salaires de l’Est, préfigure une méchante casse sociale. Un choix de société, comme qui dirait. Et de bon sens. En injectant 3 milliards dans la "division Opel", les Etats européens allongeraient deux fois la valeur en Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
de General Motors – dont Opel a été, des années durant, la vache à lait : continuer ainsi, c’est le "bon plan" ?

Source : L’Echo des 18, 27 février et 2 et 3 mars 2009, L’Echo du 28 février 2009, le Wall Street Journal du 27 février 2009,
Solidaire du 12 février 2009 et NCR Handelsblad du 18 février 2009 et le Financial Times du 2 mars 2009.