Bolloré l’Africain et le "multimodal intégré"


Mardi 27 janvier 2009, Bruno Bauraind, 2356 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Quoi de commun entre une plantation d’hévéas au centre du Liberia et des entrepôts du port de Marseille ? De façon croissante : Vincent Bolloré, un homme qui visiblement n’apprécie guère la concurrence. Et ce n’est pas la dernière victoire en date du groupe éponyme, Bolloré vient en effet de remporter la concession (de 27 ans) pour l’exploitation du terminal à conteneur du port de Pointe-Noire au Congo, qui modifiera l’emprise du groupe sur le transit maritime à partir des ports africains. Le holding Holding Société financière qui possède des participations dans diverses firmes aux activités différentes.
(en anglais : holding)
français n’en fait pas mystère, son objectif est de s’assurer le contrôle de toute la chaîne d’approvisionnement de certaines matières premières africaines. Vincent Bolloré appelle cela du "multimodal intégré". Il est loin le temps de la petite entreprise familiale de papier à cigarettes. Le groupe financier est devenu en quelques années le levier géoéconomique de la "Françafrique". Il y possède près de 19.000 agences réparties dans 41 pays (sur les 57 que compte le continent). Les activités de Bolloré en Afrique se concentrent sur deux secteurs principaux : les matières premières (pétrole, huile de palme…) et, surtout, leur transport vers les grands ports mondiaux. Cette dernière activité représente les deux tiers de l’activité du holding Holding Société financière qui possède des participations dans diverses firmes aux activités différentes.
(en anglais : holding)
français, dont 40% sur le seul continent africain. Après Djibouti, l’Ethiopie, la Namibie, l’Algérie, la Tunisie, la Tanzanie, l’Angola, le Cameroun, le Gabon, le Libéria et le Kenya, Bolloré étend encore son emprise sur le transit de marchandises en Afrique centrale : il est présent depuis mars 2008 sur le corridor du "Copper Belt" (ceinture du cuivre en Afrique centrale) par sa participation (51%) dans l’entreprise de transport White Horse opérant à partir de l’Afrique du Sud et de la Zambie. La nouvelle concession portuaire au Congo Brazzaville renforce ainsi la main mise de "Bolloré l’Africain" sur le transport des richesses katangaises, un objectif avoué depuis l’année 2000.

Source : Les Echos du 26 janvier 2009 et Les Afriques, article mis en ligne le 29 juillet 2008 à l’adresse http://www.lesafriques.com/actualite/bollore-en-croissance-de-15-a-20-sur-l-afrique.html?Itemid=89