L’Inde est une île (Cayman) selon Vodafone


Mercredi 10 décembre 2008, Erik Rydberg, 1563 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Amateurs de fiscalité féerique, voici un cas d’anthologie. En février 2007, le géant britannique de la mobilophonie Vodafone s’empare de l’opérateur indien Hutchinson Essar pour un montant de 11 milliards de dollars. Là-dessus, forcément, il y a une taxe, que l’administration indienne évalue à 2 milliards. Ce n’est pas l’avis de Vodafone. Pour suivre son raisonnement, il faut être bien assis. A entendre Vodafone, en effet, la transaction a été effectuée entre, d’une part, l’unité hollandaise de Vodafone (pays où le groupe est constitué en holding Holding Société financière qui possède des participations dans diverses firmes aux activités différentes.
(en anglais : holding)
) et, d’autre part, un "véhicule" enregistré à cet effet aux îles Cayman par la Hutchinson Whampoa Ltd., elle-même ayant siège à Hong Kong, agissant pour Hutchinson Telecommunications International, propriétaire de l’unité indienne achetée par Vodafone. Bref, l’Inde n’est en rien concernée, tout cela s’est passé sur des nuages, en de lointains paradis artificiels. La justice indienne, on s’en doute, n’est pas de cet avis. Le recours introduit devant les tribunaux contre l’administration fiscale par Vodafone a été rejeté à Bombay au début du mois de décembre 2008. Il y aura sans doute appel et l’affaire ne sera pas conclue de sitôt. Elle aura, cependant, déjà eu un résultat. Les analystes financiers s’accordent en effet pour dire que l’attitude de l’Inde ne manquera pas de susciter l’inquiétude des investisseurs et que tout cela n’est pas très bon pour le climat des affaires. Air connu.


Source : Wall Street Journal du 8 décembre 2008.