Le Madagascar, propriété privée de Daewoo


Lundi 8 décembre 2008, Erik Rydberg, 1564 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les terres cultivables d’Afrique, nouveau terrain de rapines des multinationales. L’affaire Daewoo en est sans doute l’exemple le plus extrême. La filiale Daewoo Logistics de cette multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
sud-coréenne a en effet signé un accord avec le gouvernement du Madagascar aux fins d’exploiter, pendant 99 ans, 1,3 million d’hectares – la moitié de la superficie de la Belgique, plus de la moitié des terres arables de la petite île de l’Océan indien – pour zéro euro, zéro centime. Le gros du produit de ces cultures, huile de palme et maïs, sera rapatrié en Corée du Sud ou exporté à d’autres pays – une forme de "sécurité alimentaire" inversée où un pays pauvre d’Afrique (70% de la population vivent sous le seuil de pauvreté) fournit pour rien la nourriture dont a besoin un riche pays émergent d’Asie. Pour rien : le "gain" de Madagascar se traduira uniquement en création d’emplois et en diverses infrastructures, routes, silos, systèmes d’irrigation, donc absolument rien sur quoi bâtir quoi que ce soit. La FAO n’a pas manqué de s’inquiéter devant une évolution dont l’opération Daewoo n’est que la partie émergé de l’iceberg, faisant observer que la course aux terres cultivables à l’étranger risque de créer un "système néocolonial"... Au Madagascar, où 80% des espèces animales et végétales présentes sur l’île sont uniques au monde, l’affaire fait en plus peser une hypothèque sur la biodiversité du pays.

Source : Times du 20 novembre 2008 et le Guardian Weekly du 28 novembre 2008.