Les jouets chinois de Mattel sont mis au chômage


Lundi 17 novembre 2008, Erik Rydberg, 1797 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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En octobre 2008, les 7.000 travailleurs du Smart Union Group se sont retrouvés sur le carreau. Ce fabricant de jouets constitué en holding Holding Société financière qui possède des participations dans diverses firmes aux activités différentes.
(en anglais : holding)
enregistré aux îles Caïman (paradis fiscal Paradis fiscal Territoire qui bénéfice d’un avantage fiscal (ou plusieurs) par rapport aux tarifications habituellement en vigueur à l’étranger. Le gain peut être un impôt très faible, voire inexistant, sur les hauts revenus, sur les frais d’enregistrement ou administratifs, sur le patrimoine.
(en anglais : tax havens)
) et coté à Hong Kong (autre paradis financier), fournisseur de Mattel (Barbie) et de Disney (Mickey & Co.), a mis la clé sous le paillasson. Il n’est pas le seul. Numéro un du jouet avec 60% de la production mondiale et quelque 7.000 fabricants, dont la moitié en faillite depuis début 2008 (3.631 pour être exact), la Chine subit de plein fouet les calculs à la baisse de ses commanditaires occidentaux. Les commandes à la foire commerciale annuelle du jouet de Canton ont chuté d’un tiers comparées à l’an passé, 24,8 milliards de dollars contre 38,2 milliards en 2007, les Etats-Unis représentant les deux tiers du recul. Donc, dans la région de Shenzen, chômage et mouvement massif des travailleurs migrants qui retournent dans leur village. La crise y est pour beaucoup, de même que la hausse des coûts du pétrole, des matières plastiques (+ 20%) et des salaires locaux (+ 12%) : tous secteurs de production confondus, on a estimé à 67.000 le nombre d’usines chinoises qui ont fermé depuis janvier 2008. La récession Récession Crise économique, c’est-à-dire baisse du produit intérieur brut durant plusieurs mois au moins.
(en anglais : recession ou crisis)
dans l’hémisphère nord, mais pas seulement. Car les normes de qualité de plus en plus strictes imposées par les pays riches en matière de jouets pèsent également lourdement sur la capacité des sous-traitants chinois de joindre les deux : ils doivent produire des marchandises mieux fabriquées, plus sûres, sans colorants toxiques, etc., mais sans en augmenter le prix, bien sûr. Tâche impossible, cela va sans dire.

Source : Financial Times du 17 novembre 2008, le Sunday Times du 2 novembre 2008 et Libération du 23 octobre 2008.