Internet fait un tabac (il tue)


Lundi 10 novembre 2008, GRESEA ASBL, 1591 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Surfer sur Internet est devenu, pour beaucoup, la source unique d’information. Ce n’est pas sans causer des dégâts dans la presse écrite. Aux Etats-Unis, les chiffres sont brutaux. Publication centenaire, le Christian Science Monitor a annoncé la suppression de son édition en papier. Time Inc., éditeur des magazines Time, Fortune, People et Sports Illustrated, va licencier 600 travailleurs et réorganiser son personnel. Gannett, le numéro un de la presse quotidienne (85 quotidiens, dont USA Today) compte élaguer son staff de 10%, soit quelque 3.000 journalistes. Le Los Angeles Times va en renvoyer 75 (la rédaction a été réduite de moitié en sept ans) et, pour ses pages cinéma, il ne restera qu’un chroniqueur. Le Star-Ledger (Newark, New-Jersey) va lui éliminer 40% de son personnel. Cette procession funèbre pose deux questions, l’une économique, l’autre culturelle, mais là, c’est imbriqué. Economique : les journaux en ligne gratuits existent grâce aux journaux en papier payant, les recettes publicitaires, menacées par les premiers, provenant toujours à 90% des seconds. Et puis, culturelle : l’information en ligne étant produite par les journalistes, de moins en moins nombreux, payés par la presse écrite, le risque est naturellement grand que, comme l’exprime le PDG de Google Eric Schmidt, qu’Internet devienne sous peu un "cloaque d’informations sans valeur". C’est-à-dire dominé par l’amateurisme, le n’importe quoi et le blabla trivial. Faut savoir ce qu’on veut.

Source : International Herald Tribune du 30 octobre 2008.