OPA Volkswagen et crash spéculatif


Mardi 4 novembre 2008, GRESEA ASBL, 2373 signes.
Cet article a été visité 120 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Le crash des hedge funds spéculatifs pariant à la baisse sur le titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
Volkswagen aura jeté une lumière crue sur les structures de propriété des entreprises modernes. Volkswagen ? Un constructeur automobile, certes, mais aussi un enjeu politique et financier. Il est la cible, depuis trois ans, d’une opération d’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
hostile par Porsche, un autre "constructeur", de voitures de luxe celui-là, allemand aussi mais dix fois plus petit en termes de chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
. Mais Porsche a du punch. Son bras financier a réalisé 3,5 milliards d’euros en 2007 sur des placements spéculatifs, trois fois plus que n’a rapporté la vente de voitures, ce qu’un accès au cash flow Cash Flow Flux de liquidités issus des activités de la firme. Le cash flow consiste en la somme des bénéfices nets et des amortissements. Le cash flow brut d’exploitation représente l’addition du bénéfice opérationnel (ou excédent brut d’exploitation) et des amortissements.
(en anglais : cash flow)
de VW ne pourrait qu’améliorer. La nouvelle tombe le dimanche 26 octobre 2008. Venant de 43%, Porsche a réussi, en catimini, à prendre le contrôle de 74% des parts de Volkswagen. La Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
réagira en faisant tripler la valeur du titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
VW – et en faisant perdre quelque 30 milliards d’euros à une centaine de hedge funds qui spéculaient, eux, à la baisse sur les quelque 13% qu’ils avaient empruntés pour réaliser des "ventes à découvert". Le système ("short selling" en anglais) consiste à "louer" un titre durant une période donnée durant laquelle il sera vendu puis racheté à la Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
avant d’être rendu à son propriétaire. Cela fonctionne bien, dégageant un bénéfice facile, si la valeur du titre baisse entre la vente et le rachat. Les hedge funds se sont fait une spécialité de ce genre de calcul et de pari à la baisse. Là, cependant, le titre VW ayant triplé, ce sera la panique : pari foireux. Perte sèche de 30 milliards d’euros et, par ricochet, les opérations spéculatives des hedge funds étant elles-mêmes financées par des investisseurs, dégringolade de ce côté-là aussi. La cote de la Société Générale accusera un recul de 17%, celle de Morgan Stanley, 11%, et celle de Goldman Sachs, 8%. Nos spéculateurs vont crier au scandale en accusant Porsche de ne pas avoir joué franc jeu. Sa prise de contrôle progressive de VW s’est en effet largement appuyée sur des options d’achat, qui n’exigent pas d’être rendues publiques, bref une technique qui est, de ce point vue, du même tonneau que – arroseurs arrosés – les ventes à découvert des hedge funds...

Source : Financial Times des 28 et 29 octobre 2008.