L’Equateur pour Chevron, une république bananière ?


Lundi 22 septembre 2008, GRESEA ASBL, 2362 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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"Nous ne pouvons laisser les petits pays jouer avec les c… des grandes entreprises [comme Chevron], des entreprises qui ont réalisé des investissements importants à travers le monde." Le parler "vrai" est chose plutôt rare chez les multinationales mais, donc, parfois cela leur échappe : c’est ainsi qu’un lobbyiste de la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
pétrolière américaine Chevron a décrypté, dans les lignes de l’hebdomadaire Newsweek, la bataille judiciaire qui oppose son commanditaire à quelque 30.000 paysans équatoriens. Pour comprendre, un bref retour dans le passé s’impose.

Texaco, aujourd’hui filiale du groupe Chevron en Equateur, est accusé par des communautés locales d’avoir déversé depuis 1972 quelque 70 milliards de litres d’eau polluée dans les rivières de la région et plus de 60 milliards de litres de résidus de pétrole dans la forêt amazonienne. Comme souvent dans ce genre de pollution, les dégâts écologiques se doublent de ravages sanitaires : cancers, dysenteries, malformations. Certains experts n’hésitent pas à attribuer la disparition progressive de certaines communautés indigènes à l’activité du pétrolier américain. Devant l’ampleur des dégâts, plainte a été déposée par 30.000 Equatoriens en 1993 devant les tribunaux américains.

Réaction de Chevron : de multiples tracasseries judiciaires tout d’abord pour faire transférer l’affaire devant un tribunal équatorien. Ce qui fut fait en 2002. Ensuite, pour "inviter" ce tribunal à la clémence, les lobbys de Chevron ont mis la pression sur l’administration Bush pour que celle-ci remette en cause ses relations commerciales avec Quito si les poursuites n’étaient pas abandonnées…

Au final, Chevron est toujours suspendu à la décision d’une cour de justice équatorienne qui rendra son jugement en 2009. C’est sans doute la raison qui pousse aujourd’hui la firme américaine, 15 ans après le début de la procédure, à proposer de négocier le versement de 16,3 milliards de dollars pour dédommagement et dépollution.

Source : Taillant, Jorge, Chevron Lobbyist Reveals Imperialist Corporate Attitude, The Center for Human Rights and Environnement (CEDHA), le 29 août 2008 et le site de l’hebdomadaire Newsweek, http://www.newsweek.com/id/149090