La semaine de 21 heures, une utopie inévitable ?


Newsflash n°63

Mardi 6 avril 2010, Erik Rydberg, 1859 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le think tank Think tank Littéralement « boîte à idée » ; organisme regroupant généralement des chefs d’entreprise, des responsables politiques, des professeurs d’université ou chercheurs, des journalistes pour discuter de problématiques importantes pour un pays, une région, la planète et pour ainsi influer sur les grandes orientations politiques.
(en anglais : think tank)
britannique d’alter-économie New Economics Foundation (NEF) a rendu public un rapport qui plaide, comme une chose inévitable, pour le passage à une semaine de travail de 21 heures. C’est aller plus loin que le syndicat socialiste belge FGTB dont l’appel pour une semaine de quatre jours a été entendu par la presse progressiste française. L’intérêt du dossier mis sur la place publique par la NEF est que, contrairement à une idée conventionnelle, il dresse le constat d’une tendance à l’allongement de la durée de travail. Depuis 1981, les ménages composés de deux adultes au travail ont ajouté en Grande-Bretagne six heures à leur charge de travail hebdomadaire combinée : presque une journée entière. De son côté, rappelle la NEF, Keynes pensait dans les années 30, que nous n’aurions, au début du 21e siècle (maintenant), grâce aux progrès des sciences économiques, plus qu’à travailler 15 heures par semaine. Bien joli mais il y a un os... A y regarder de plus près, la NEF avance un bien curieux programme. Sa réduction généralisée du temps de travail aurait, à juste titre, l’avantage de réduire le chômage (ils sont 2,5 millions en Grande-Bretagne) et, en offrant à tous les travailleurs plus de temps libre, les moyens de mieux vivre (le vélo au lieu de l’automobile ! une alimentation faite maison au lieu de préfabriquée !), mais, à entendre la NEF, cette semaine de 21 heures irait de pair avec "une redistribution du travail et, de manière plus égalitaire, des revenus". Dit autrement : une baisse généralisée des niveaux de salaires. A un moment où les bénéfices sont partout en hausse, il y a, dans le petit calcul de la NEF, comme un angle mort, un trou dans le champ de vision. L’alter-économie, bien souvent, n’est souvent qu’une variante de la même chose.