Les lampions (40 W) du G20 se sont éteints


Newsflash n°54

Lundi 6 avril 2009, Erik Rydberg, 3320 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Summitry. Le mot n’a pas d’équivalent en français. Mettons : "réunionite aiguë au sommet". Le terme a rejailli, début mars, lors du dernier sommet européen – le huitième en neuf mois… – et il va comme un gant à la grand messe du G20 G20 Extension du G8 à d’autres pays de la planète, considérés comme importants par leur taille et leur poids politique et économique. Il s’agit de 19 pays (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Russie et Turquie) et de l’Union européenne. Créé en septembre 1999, ce groupe a pris une importance croissante avec la crise économique, étant donné qu’il apparaît que celle-ci ne peut plus être résolue par les pays du G8 seuls.
(En anglais : G20)
. A quoi rime cette agitation en bocal ? Au machin européen, le Premier ministre luxembourgeois est réputé avoir avoué : "Pourquoi sommes nous ici ?" [FT 11/3/2009]. Pourquoi, en effet ? Pour rassurer les marchés, qu’on sait tracassés ? A Londres, le G20 G20 Extension du G8 à d’autres pays de la planète, considérés comme importants par leur taille et leur poids politique et économique. Il s’agit de 19 pays (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Russie et Turquie) et de l’Union européenne. Créé en septembre 1999, ce groupe a pris une importance croissante avec la crise économique, étant donné qu’il apparaît que celle-ci ne peut plus être résolue par les pays du G8 seuls.
(En anglais : G20)
PIB PIB Produit intérieur brut : richesse marchande créée durant une période déterminée (souvent un an) sur un territoire précisé (généralement un pays ; mais, en additionnant le PIB de tous les pays, on obtient le PIB mondial).
(en anglais : Gross Domestic Product ou GDP)
cumulé de 35 billions d’euros, dont 30% "apportés" par les Etats-Unis – se voulait messianique, sauveur d’un monde en déroute, mais contre toute vraisemblance : le G20 "sera un échec", prédisait le pape de la finance globale, Martin Wolf [FT 11/3/2009]. Bien vu. Il suffit de jeter un coup d’œil au bilan chiffré du G20 et les 814 billions d’euros dont il s’est enorgueilli d’avoir accouchés, pour injection dans les rouages grippés de l’économie mondiale : ce montant représente, en termes de moyens nouveaux, zéro virgule zéro dollar [FT 3/4/2009]. Alors ? Alors il faut gratter un peu. En rappelant, d’abord, que le G20 est une créature des Etats-Unis (1999, pour gérer la crise asiatique), relancée en novembre 2008 par Bush himself, et ce dans le but de marginaliser les Etats européens [WSJ 1/4/2009]. Passons, ensuite, sur le volet "paradis fiscaux" et sa dérisoire liste grise et noire que le G20 a présentée comme une conquête dans la moralisation du capitalisme Capitalisme Système économique et sociétal fondé sur la possession des entreprises, des bureaux et des usines par des détenteurs de capitaux auxquels des salariés, ne possédant pas les moyens de subsistance, doivent vendre leur force de travail contre un salaire.
(en anglais : capitalism)
financier. Passons pour aller droit à l’enjeu central du G20, le FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
, redorer son blason terni par des décennies d’interventionnisme et de casse sociale dans le Tiers-monde. On le disait moribond, un vieux "sachet anti-mites" [Quentin Peel, FT 17/3/2009], un machin "sans pertinence" [WSJ 1/4/2009], le laboratoire pour l’émulation de la "monoculture intellectuelle", lire : néolibérale [FT 23/3/2009]. Mais, donc, le G20 s’est appliqué à faire renaître le FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
de ses cendres, en dépit du fait que sa dernière ligne de crédit Ligne de crédit Possibilité pour un client d’une banque de pouvoir emprunter jusqu’à un certain montant fixé par l’accord de la ligne ; cela permet pour une entreprise de payer rapidement toutes les dépenses à court terme (factures, salaires, etc.). , novembre 2008, n’avait trouvé aucun preneur et que, si la Serbie et le Pakistan ont bien mangé au râtelier FMI, ils n’ont pas, pour autant, cédé à ses conditions [FT 31/3/2009, WSJ 1/4/2009]. Le FMI, plus personne n’en veut. Le G20 s’est certes félicité de sa promesse de doubler à 370 milliards d’euros la capacité d’intervention du FMI (les Etats-Unis espéraient un triplement), le Mexique s’est certes porté candidat à un emprunt de 35 milliards d’euros (mais c’était téléphoné, son ministre des Finances, Agustin Carstens, est un ancien directeur du FMI – WSJ 20/3/2009), mais le Brésil, la Turquie et la Corée du Sud restent au balcon et, surtout, la Chine et la Russie n’arroseront qu’un FMI réformé, leur faisant plus de place aux postes de commande : ce sera pour la semaine des quatre jeudis ? Terminons sur une note pessimiste. Comme faisait remarquer le Financial Times, les 1.750 milliards de dollars (1.296 milliards d’euros) d’Obama et autres bouées de sauvetage n’auront aucun effet sur la gangrène d’actifs toxiques qui mine le système financier occidental et les vagues promesses G20-tesques de "régulation" n’auront pas le don "de créer des emplois à El Centro, en Californie, où le chômage frôle les 20%, ni ailleurs." [FT 3/4/2009].