La ville de Concord collectivise l’eau


Mardi 19 octobre 2010, Erik Rydberg, 1684 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La petite ville de Concord, 17.000 âmes sur la côte est des Etats-Unis, est devenue la première ville du pays à interdire la vente de bouteilles d’eau dans ses magasins. C’est aller plus loin que Miami, Chicago, San Francisco et Salt Lake City, où l’eau embouteillée est interdite dans les bâtiments et organismes fédéraux. Cela ne fait pas rire l’industrie de l’eau en bouteille – et surtout pas Nestlé, numéro un mondial. Aux Etats-Unis, c’est un marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
annuel de 32 milliards de litres pour un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
de 10 milliards de dollars (2008). A Concord, tout a commencé par la campagne d’une militante écologiste de 82 ans. Son petit-fils (10 ans) lui avait appris qu’une nappe d’ordures composée de matières plastiques en tous genres, d’une superficie équivalente à deux fois celle de l’Etat du Texas, dérivait sur l’océan Pacifique, entre la Californie et Hawaï. Elle a un peu gratté et découvert que 88% des bouteilles en plastique n’étaient pas recyclés. Une seule solution, donc : interdire. Son message a été entendu cinq sur cinq par le conseil communal. L’histoire est mignonne, mais aussi édifiante. Que la "planète" ne peut supporter le mode de production actuel est chose entendue par la plupart, mais le constat se heurte à chaque fois au tabou de la propriété privée. Il est impensable de réclamer qu’une production soit, en vue d’un développement durable, le résultat d’un choix collectif. Il est possible, par contre, de "collectiviser" (nationaliser) la décision politique d’interdire la vente d’une production jugée asociale. La preuve par Concord.

Source:La Libre Belgique, 9 septembre 2010.