OMC et cycle de Doha : le ’niet’ du Sud


Newsflash n°45

Vendredi 8 août 2008, Erik Rydberg, 2462 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’échec, à la fin du mois du juillet 2008, des négociations de la (énième) "dernière chance" à l’Organisation mondiale du commerce Organisation mondiale du Commerce Ou OMC : Institution créée le 1er janvier 1995 pour favoriser le libre-échange et y ériger les règles fondamentales, en se substituant au GATT. Par rapport au GATT, elle élargit les accords de liberté à des domaines non traités à ce niveau jusqu’alors comme l’agriculture, les services, la propriété intellectuelle, les investissements liés au commerce… En outre, elle établit un tribunal, l’organe des règlements des différends, permettant à un pays qui se sent lésé par les pratiques commerciales d’un autre de déposer plainte contre celui-ci, puis de prendre des sanctions de représailles si son cas est reconnu valable. Il y a actuellement 157 membres (en comptant l’Union européenne) et 26 États observateurs susceptibles d’entrer dans l’association dans les prochaines années.
(En anglais : World Trade Organization, WTO)
et de son "cycle de Doha" pour promouvoir un modèle mondial unique de libre-échange (des biens, des services, des capitaux mais pas des gens) aura, comme à l’ordinaire, obéi à la loi du genre. Les évangélistes de la presse occidentale se sont lamentés en chœur pour regretter cette grande occasion manquée, cet incompréhensible refus du supermarché commercial mondial, "source de prospérité et un facteur clé du développement pour les pays pauvres" [Jean-Pierre Robin dans le Figaro, 31 juillet 2008] et moteur d’un "bien-être économique croissant pour les plus pauvres de ce monde" [Philip Stephens dans le Financial Times du 1er août 2008]. C’est une unanimité et une attention pour les miséreux touchantes. On en viendrait à juger ces derniers ingrats, car ce sont leurs représentants qui ont fait capoter la grand-messe, à commencer par le ministre indien du Commerce et de l’Industrie, Kamal Nath. Lors d’une réunion au finish, le mardi 22 juillet, comme rapporte un participant, cet acteur clé "est resté assis douze heures d’affiliées avec un seul mot à la bouche : non." [Wall Street Journal, 25 juillet 2008]. D’aucuns y ont vu le signe que le temps où les grandes puissances occidentales régissaient seules le monde est une page définitivement tournée. Le même Kamal Nath a déclaré qu’il n’entrait pas dans ses intentions "de négocier l’existence de millions de pauvres au bénéfice d’industries européennes non compétitives". Donc, front de refus. Et cela relativise quelque peu l’argument caritatif voulant que ces négociations visaient le bien-être des nations pauvres. Comme notait la même édition du Wall Street Journal, "la communauté européenne et états-unienne du business" a une affection particulière pour l’Inde et ses importations (elles sont passées de 57 à 217 milliards de dollars depuis 2001) parce que "dans une économie mondiale en voie de ralentissement, elle doit avoir accès au marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
indien, en expansion, et son milliard de consommateurs." Sans commentaire.

(On lira également avec intérêt l’analyse du CNCD, "Echec des négociations à l’OMC OMC Organisation mondiale du Commerce : Institution créée le 1er janvier 1995 pour favoriser le libre-échange et y ériger les règles fondamentales, en se substituant au GATT. Par rapport au GATT, elle élargit les accords de liberté à des domaines non traités à ce niveau jusqu’alors comme l’agriculture, les services, la propriété intellectuelle, les investissements liés au commerce… En outre, elle établit un tribunal, l’organe des règlements des différends, permettant à un pays qui se sent lésé par les pratiques commerciales d’un autre de déposer plainte contre celui-ci, puis de prendre des sanctions de représailles si son cas est reconnu valable. Il y a actuellement 157 membres (en comptant l’Union européenne) et 26 États observateurs susceptibles d’entrer dans l’association dans les prochaines années.
(En anglais : World Trade Organization, WTO)
 : les pays les plus pauvres sont une nouvelle fois les dindons de la farce !", http://www.cncd.be/pages/actu_article.cfm?news_id=721 )