Voici la recette d’une bonne politique de développement


Newsflash n°43

Mardi 3 juin 2008, Erik Rydberg, 1763 signes.
Cet article a été visité 123 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

La Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
vient de rendre public le rapport de sa "Commission Croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
". Voici la conclusion de ce document, rédigé sous le haut patronage du prix Nobel Michael Spence : "Il est malaisé de savoir comment une économie réagira à une politique donnée. Ce qui apparaît comme la bonne solution aujourd’hui risque de ne pas être d’application à l’avenir."
Traduit en langage ordinaire, cela signifie, comme note avec ironie l’économiste William Easterly, que "la croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
doit être mue par le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
, sauf dans les cas où elle devrait être dirigée par les gouvernements." [Financial Times, 29 mai 2008]. Bref, la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
déclare forfait. Elle ne sait pas. Economie de marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
ou économie planifiée, quelle est la bonne, la juste solution ? Réponse : peut-être bien que oui, peut-être bien que non, cela dépend.
C’est amusant. Comme Easterley le rappelle, ce constat magistral et renversant est le résultat de deux années de travaux et de douze "workshops" associant 21 chefs d’Etat et 300 experts universitaires pour un coût de 4 millions de dollars : "mes étudiants à l’Université de New York – dit-il – auraient été heureux de fournir ce genre de verdict pour beaucoup moins que 4 millions."
William Easterley a titré son commentaire "Faites confiance aux experts du développement – à chacun des 7 milliards d’entre eux". Cela, c’est, environ, le nombre total des habitants du monde. Le business du développement en fait vivre une poignée, bardée de diplômes d’une utilité douteuse : grâce à la Banque mondiale, on vient d’avoir un accès direct à leur très grande science. Peut-être serait-il à tout prendre plus sage, comme suggère Easterley, de s’en remettre plutôt au bon sens des masses…