En Suisse, l’argent a parfois une odeur


Newsflash n°40

Lundi 31 mars 2008, Bruno Bauraind, 2116 signes.
Cet article a été visité 156 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Une nouvelle étape dans la restitution de l’argent sale placé dans les banques suisses par des "personnalités politiquement exposées" est sur le point d’être franchie par la justice helvète, informe Le Temps du 27 mars 2008. En effet, le juge fédéral, Paul Perraudin, va ordonner le rapatriement d’une centaine de millions de dollars déposés par la famille de l’ancien président mexicain, Carlos Salinas, sur une dizaine de comptes bancaires à Zurich ou à Genève. Treize ans de procédure (un record) auront été nécessaires pour que cette affaire de blanchiment d’argent via la Suisse trouve son dénouement. Néanmoins, si le rapatriement de l’argent est acquis, sa destination, elle, n’est pas encore connue. Cette dernière dépendra du chef d’accusation retenu par les justices mexicaine et suisse. Si le détournement de fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
est avéré, c’est le Mexique qui encaissera la totalité des fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
transférés. Par contre, s’il s’agit de trafic de drogue, une partie de l’argent reviendra aux Etats ayant mené l’enquête. La Suisse en l’occurrence. Enfin, à condition d’un jugement en sa faveur, il n’est toujours pas exclus que le clan Salinas, à l’image de certains proches d’Augusto Pinochet, récupère cet argent. La population mexicaine appréciera.

Précision. Depuis l’entrée en vigueur de la loi anti-blanchiment en 1998, la Suisse a déjà rendu près de 1,7 milliard de dollars à des Etats spoliés par leurs dirigeants : 88 millions de dollars au Pérou, 507 millions au Nigeria ou encore 84 millions de dollars au Kazakhstan. Néanmoins, si la Suisse se félicite (un peu tôt peut-être) du dénouement de l’affaire Salinas, elle demeure sourde aux appels pour la restitution des millions de dollars d’argent public placés sur son territoire par d’autres chefs d’Etat tout aussi peu recommandables, tels le maréchal Mobutu (ex-Zaire) ou Jean-Claude Duvalier (Haïti). La raison invoquée ? Des "blocages internes" qui empêcheraient ces pays de présenter un dossier en bonne et due forme à la justice suisse. Allons donc…