Minimum vital : il y a croissance de la décroissance


Newsflash n°34

Lundi 5 novembre 2007, GRESEA ASBL, 1981 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Foire d’empoigne en France sur le pouvoir d’achat. Là-bas, comme ici, l’indice des prix à la consommation n’a plus la cote. Comme rappelle le Canard enchaîné [31/10/2007], c’est une moyenne qui mélange produits de luxe et d’usage commun, marginalise le poids du loyer dans les dépenses des ménages, juge stable – sic – un prix augmenté de 50% si le produit a été "amélioré", etc., bref : pure fiction. N’a rien de fictif, par contre, ce que de beaux esprits appellent désormais le "pouvoir d’achat subjectif", soit-ce (sentiment) de hausse du coût de la vie qu’on attribue à "l’explosion des dépenses contraintes" due à "l’évolution des modes de vie et des nouveaux besoins" [Les Echos, 26/10/2007]. On range ici, pêle-mêle ("besoins" anciens mélangés aux nouveaux), les frais de loyer, de chauffage, de carburant, d’impôts locaux, de frais bancaires et d’assurances, de remboursement de crédits et les multiples abonnements à Internet ou au téléphone portable. Tout cela, tous ces trucs "contraints" sont passés en France, en 45 ans, de 22 à 45% du budget familial – pour atteindre jusqu’à 75% chez les ménages les plus modestes, ils sont totalement étranglés. En Belgique, ces grands modestes, ceux qui doivent (subjectivement ?) vivre avec 822 euros par mois (1.726 euros dans le cas des ménages avec deux enfants) ont vu leurs dépenses (leur pouvoir d’achat) se réduire en moyenne de 40% [Le Soir, 17/10/2007]. Tous les besoins vitaux y passent, l’alimentation (moins 26%), les vêtements (moins 54%), la santé (moins 35%), il n’y a, en réalité, qu’un poste qui augmente, mais de peu, c’est celui du tabac (plus 4,5%), ce qui en dit long sur le caractère élitiste et antipopulaire des campagnes contre le tabac. Là, à bien y regarder, on est en plein dans les Objectifs du millénaire pour le développement. Réduire de moitié la pauvreté ? Noble idée. Il faudrait peut-être pour cela cesser d’y voir un problème subjectif...