Banque mondiale et pauvreté : un marketing avec des flops


Newsflash n°27

Vendredi 4 mai 2007, GRESEA ASBL, 2141 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’Economist [28 avril 2007] est récemment revenu sur la formule magique de mesure de la pauvreté de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
(l’institution, à ne pas confondre avec ses divertissants cancans internes). Est extrêmement pauvre qui vit avec moins d’un dollar par jour. Est tout "simplement" pauvre qui vit avec moins de deux dollars. Soit dit en passant, piquant : une brève du Wall Street Journal [30 avril 2007] épingle le fait, relevé par trois agences des Nations unies, que la population de l’ex-bloc soviétique vit plutôt mal la transition vers l’économie de marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
. Le primat donné à la croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
économique au détriment des services sociaux frappe surtout femmes et enfants – la moitié des habitants de cinq pays de cette région vivrait avec moins de deux dollars par jour. Saperlipopette. Et revoilà, donc, le concept du dollar quotidien. C’est, pour mémoire, l’ invention, le coup de pub génial né en 1990 des calculettes d’un groupe d’économistes emmené par Martin Ravallion (London School of Economics) : toute la misère du monde réduite à un seul chiffre, lui-même susceptible d’accueillir les élucubrations les plus savantes, comme celle, dernière en date, que cette piécette est souvent bien mal dépensée par ces grands enfants que sont les pauvres, en alcool, en tabac, en frivolités religieuses. Le coup de pub, il faut dire, c’est une spécialité à la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
. Voir l’idée fantastique, émise dans son Global Economic Prospects 2007, que la croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
doublerait dans les 25 prochaines années, et que tout le monde ou presque sera dès lors heureux, grâce à la mondialisation du commerce et de la finance, quoi d’autre ? L’économiste Robert Wade en a montré tout le ridicule dans le Financial Times [1 mai 2007], faisant notamment observer que le recul de la pauvreté mondiale observé depuis les années 1980 est dû entièrement au progrès social d’un seul pays, la Chine : "Enlevez la Chine, et le nombre a augmenté." Sans la Chine, depuis trente ans, on ne ferait donc que s’appauvrir. Globalement parlant, s’entend. Saperlipopette. On ne peut plus faire confiance à personne ?