Il y a aussi le terrorisme du chômage...


Newsflash n°6

Lundi 22 mars 2004, GRESEA ASBL, 2223 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’année où Verhofstadt s’est promis de créer 200.000 emplois ne s’est pas achevée sous les meilleures auspices puisque, en 2003, le chômage a crû de 8% [Le Soir, 19/3/04] et 24.678 emplois ont été supprimés [Solidaire, 17/3/04]. La situation n’est guère plus enviable aux Etats-Unis où, coup sur coup, les pronostics déçus de création d’emplois ébranlent l’économie du billet vert, au point qu’on utilise là maintenant le concept de "reprise sans emploi" (jobless recovery) : le mois de février devait livrer 150.000 emplois, il n’y en eut que 21.000, et tous " grâce " au secteur public (pire : la plupart des jobs créés depuis avril 2003, 215.000 sur 290.000, ne sont que des emplois bouche-trous, des pis-aller temporaires, quelque 4,3 millions d’Américains vivent dans ces conditions-là) [Financial Times, 7/3/04], et le mois de décembre qui devait en livrer 150.000 n’en apporta que 1.000, et ce contre toute attente, car les sondages auprès des entreprises avaient donné à espérer de belles vagues d’embauches... Là, il y avait juste eu une petite erreur interprétation : ce pronostic-là était correct, l’économie américaine comptait bien embaucher, mais pas aux Etats-Unis, non, à l’étranger, dans des pays à bas salaires... [Financial Times, 10/1/04]. Cela, c’est tendance. Voici peu, on apprenait d’une enquête auprès de 175 entreprises belges que la majorité d’entre elles " privilégie la création ou l’augmentation des moyens en R et D, hors d’Europe plutôt qu’un accroissement des capacités en Europe ", une information qui, commente la presse économique, " donnera de nouvelles sueurs froides en Europe " [L’Echo, 3/3/04]. Pour le mouvement ouvrier, il y a là matière à réflexion. Quelle doit être ici la stratégie syndicale ? Pour Verhofstadt, c’est différent. Vu qu’on a perdu près de 25.000 emplois en 2003, peut-être devra-t-il réviser à la hausse sa promesse pour en créer désormais 225.000. A moins, à moins qu’on l’ait mal compris. Il fallait peut-être entendre : il y aura 200.000 emplois nouveaux et, l’un n’empêche pas l’autre, 200.000 supprimés. Quelqu’un prévient la police ?