Gresea Echos n°62, 2-2010

Mondialisation en crise : L’effet multinationale


Décodage de l’empire du big business

Mercredi 3 novembre 2010, Erik Rydberg, 5746 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Big business et décodages : Le décodage de l’empire du bug business présenté ici a la modestie des produits d’artisanat. Le connaisseur saura la juger à sa juste valeur. Il en apercevra sans peine les qualités, le travail de bénédictin qui l’a précédé, la foule d’informations inédites qui ont été mises à jour et en perspective.
Comme tout travail d’artisanat, cependant, il risque de passer à côté de ceux pour qui il sera réellement utile. On pense aux travailleurs, aux syndicats, aux activistes de société civile organisée, aux citoyens critiques. Car l’artisan ne dispose pas d’un département marketing, il n’a pas les moyens de faire une publicité autour de sa production, il n’en a ni le talent ni le goût. Disons qu’il a un problème de "réclame". Même chose avec cette publication : le Gresea Echos n’est pas le Wall Street Journal, il n’est pas distribué dans les aéroports, ni dans les aubettes des gares.

Que diraient les "créatifs" de la pub s’ils devaient "vendre" ce travail ? Ils diraient ceci.

Que Henri Houben, l’artisan publiciste qui a aligné ces données et construit de ses propres mains les tableaux et graphiques inédits qui leur donnent une épaisseur lourde de sens pour la compréhension du monde qui nous enserre, a fait œuvre de savant, de pionnier et de défricheur.

Et qu’il offre à qui prend la peine d’en prendre connaissance le privilège de découvrir l’empire des multinationales (la "mondialisation" dans le jargon médiatique) comme on l’a rarement vu. C’est qu’en général et d’ordinaire, les superpuissances économiques qui tirent les ficelles des relations internationales jusqu’à régir le quotidien de chacun de nous échappent à notre entendement.

On ne connaît, en général et d’ordinaire, les multinationales qu’au travers du prisme du très court terme, superficiellement, à la manière d’une écume.

On a des multinationales une connaissance fragmentée, tantôt par le biais de leurs "performances" trimestrielles, guettées par les investisseurs, tantôt grâce à leurs coups d’éclat instantanés, lorsqu’elles font les titres au motif d’une restructuration, d’une OPA, d’une délocalisation ou d’une augmentation de capital, tantôt encore, au mieux, par leurs assemblées générales et rapports d’activités annuels, qui donnent lieu à d’éphémères jugements et classements.

Ce dont on ne dispose pas, c’est la perspective longue, c’est-à-dire un outil d’analyse à caractère scientifique. C’est précisément ce que Houben s’est attaché à produire au Gresea. Chaque année, le magazine financier américain Fortune produit un classement des principales superpuissances économiques mondiales au regard de leurs données économiques essentielles. C’est d’un intérêt relatif. Ces données prennent tout leur sens, cependant, si on les compare d’année en année, sur une période de cinquante ans. Alors, et alors seulement se dégagent des lignes de force, un outil d’analyse du monde contemporain. On en trouvera le résultat dans les pages qui suivent. Un travail d’artisan frappé du sceau de la conscience citoyenne critique. (Un "créatif" dirait cela probablement mieux.)

Autre chose. On trouvera également dans les pages qui suivent une série de citations "décalées". C’est devenu une habitude dans cette publication. Elles sont là pour inviter à réfléchir à autre chose, sortir du quotidien, ouvrir des fenêtres. Elles sont toutes dues à Antonio Gramsci (1891-1937), le grand théoricien de la gauche italienne, elles proviennent toutes de ses Cahiers de la prison (1927-1936) et elles sont tout extraites de "Le marxisme du 20e siècle" (Editions Syllepse), l’ouvrage qu’André Tossel vient d’offrir au peuple de gauche pour l’inviter à se ressaisir. On a donc affaire ici aussi à des éclaireurs de la conscience citoyenne critique.

Gramsci, en principe, on connaît. Il a été un penseur et un acteur remarquable du contrôle ouvrier.

Tossel, par contre, reste à découvrir. Ses mots par exemple sur l’économie-monde, donnée comme le niveau désormais pertinent d’une contre-analyse de gauche. Ou sur la "mondialisation", qui se traduit par un brouillage de la (paresseuse) ligne de démarcation entre Nord et Sud, car c’est en vérité le Sud qui devient planétaire, "chaque Nord produisant désormais son Sud intérieur". Ou encore, lourds de sens aujourd’hui avec la montée des extrêmes droites racistes, sur l’incapacité de la gauche, confrontée au nazisme, d’en saisir les ressorts populaires : hier comme aujourd’hui ! Tossel est pour la conscience critique citoyenne une bouffée d’air pur. (Un "créatif" dirait cela sans doute mieux).

[/Erik Rydberg/]

Sommaire :

  • Edito : Big business et décodages/Erik rydberg
  • Mondialisation en crise : l’effet multinationale/Henri Houben
  • Multinationales et PIB : Toyota plus gros qu’Israël…/Henri Houben
  • L’exception pétrolière/Henri Houben
  • L’Himalaya des bénéfices/Henri Houben
  • Courbe des profits, courbe de l’emploi…/Henri Houben
  • Faire plus avec moins, c’est accumuler/Henri Houben
  • La grande bataille intercontinentale/Henri Houben
  • La plus grande crise depuis 1929/Henri Houben
  • Multinationales, supply chain et syndicats:une typologie/Erik Rydberg
  • Sommaire des tableaux et graphiques

 


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