Fusion Suez-GDF : un bain de sang social ?


Lundi 2 octobre 2006, Bruno Bauraind, 1983 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Majorité contre opposition, l’Assemblée nationale française a donné son feu vert à la privatisation de Gaz de France dans le cadre du projet de fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
avec Suez (la question fait toujours débat au Sénat). Pourtant, dans le courant du mois de septembre, trois banques : Exane, City Group et ING ; ont rendu un rapport alarmant sur les suites possibles de la fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
, selon lequel, endéans les trois ans, 10% du personnel de GDF (20.000 personnes) pourrait être licencié. L’entreprise publique privatisée pourrait en outre perdre jusqu’à 21% de ses parts de marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
dans le secteur gazier en raison des conditions qu’imposera la Commission européenne en vertu des règles de concurrence. La participation de l’Etat français dans le capital Capital Ensemble d’actifs et de richesses pouvant être utilisés pour produire de nouveaux biens ou services.
(en anglais : capital, mais aussi fund ou wealth)
de GDF passerait de 70% actuellement à moins de 30%. Outre les coûts sociaux de la fusion, selon les syndicats, la France met également en péril sa souveraineté énergétique – ce qui risque de se répercuter sur la facture du consommateur. Au fil de promesses non tenues, la majorité politique française est de plus en plus mal à l’aise face à une fusion dont elle défend difficilement la nécessité : sauver Suez d’une OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
de l’italien Enel, refinancer Gaz de France... Et si le seul intérêt de cette fusion se trouvait du côté de l’actionnariat privé ? Gérard Mestrallet, PDG de Suez, ne s’en cache pas : "Il faut que le dispositif reste incitatif à l’investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
(…) et ne pénalise pas les actionnaires ". Quant à Albert Frère, actionnaire Actionnaire Détenteur d’une action ou d’une part de capital au minimum. En fait, c’est un titre de propriété. L’actionnaire qui possède une majorité ou une quantité suffisante de parts de capital est en fait le véritable propriétaire de l’entreprise qui les émet.
(en anglais : shareholder)
principal de Suez, il s’en frotte les mains : son holding Holding Société financière qui possède des participations dans diverses firmes aux activités différentes.
(en anglais : holding)
recevrait quelque 500 millions d’euros de plus en cas de fusion. Les syndicats, eux, sont furieux. Ils lancent un appel à la grève et à une manifestation, le 3 octobre, jour du vote du texte global.

Sources : De Tijd du 23 septembre 2006. Le Figaro du 4 septembre 2006. Le Canard enchaîné du 13 septembre 2006 et le site des métallos liégeois www.6com.be.