Big Brother surveille les ouvrières Nokia.


Mardi 24 octobre 2006, Bruno Bauraind, 1892 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Avec 66.000 salariés et des sites de production à Chennai (Inde), Beijing et Dongguan (Chine), Kamaron (Hongrie), Masan (Corée du Sud), Manaus (Brésil), Reynosa (Mexique), Fleet (Grande-Bretagne), Bochum (Allemagne), la transnationale Transnationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : transanational)
finlandaise Nokia n’a pas complètement délocalisé ses lignes de production. A Salo, au nord-ouest d’Helsinki, 4.800 ouvrières – dont un millier d’intérimaires... – travaillent dans des conditions quasi "robotiques". Les travailleuses, majoritairement des femmes jeunes (27 ans en moyenne), assemblent les GSM sous des écrans géants indiquant le rendement des autres zones de production avec, en permanence, des "indices de satisfaction"... La mise en concurrence des travailleurs, chez Nokia, c’est du visuel high tech’. Ajoutez une flexibilité à outrance : les ouvrières travaillent, en même temps, sur 20 modèles de GSM qui peuvent être déclinés de 120 façons différentes, et sans traîner, s’il vous plait, on passe rarement sous la barre des 30 secondes par portable. C’est mieux – pire – en Chine où la production est ultra-segmentée : environ 3 secondes par tâche. Commentaire d’un responsable finlandais : "Pour un salaire deux fois supérieur à la moyenne nationale, le Chinois accepte n’importe quoi..." Nokia produit toujours à Salo grâce aux consommateurs finlandais qui aiment la haute technologie – et parce que Nokia cherche à produire à proximité de ses marchés "naturels". Le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
nordique est friand de modèles haut de gamme et, partant, le coût salarial Coût salarial Montant de la rémunération réelle et totale versée par le patron ou l’entreprise aux travailleurs actifs. Le terme « coût » est en fait impropre et est considéré uniquement du point de vue de la firme. Il comprend deux éléments : le salaire direct ou salaire poche et le salaire indirect ou différé. Le premier est ce que le travailleur reçoit en propre, sur son compte ou en liquide. Le second comprend les cotisations à la Sécurité sociale (ouvrières et patronales) et le précompte professionnel (voir ce terme). C’est ce que le travailleur reçoit lorsqu’il est en période, momentanée ou non, d’inactivité. En réalité, cet argent sert à payer les inactifs du moment. Mais si le travailleur tombe lui-même dans cette situation, il sera financé par ceux qui restent en activité à cet instant. C’est le principe de solidarité. Le salaire différé fait donc bien partie de la rémunération totale du travailleur.
(en anglais : total labour cost ou, de façon globale, compensation of employees)
supérieur pèse moins dans les coûts de production. La Belgique, par contre, est considérée comme un marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
"bas de gamme". Les trois millions de GSM Nokia (60% de parts de marché) qui y sont vendus proviennent, stratégie du groupe oblige, de Hongrie et d’Allemagne.

Source : L’Echo du 2 septembre 2006.