La privatisation démantibule le rail malien.


Mercredi 20 septembre 2006, Bruno Bauraind, 1760 signes.
Cet article a été visité 115 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

L’exemple anglais a déjà démontré par le passé (1993) que les transports publics ne se prêtent guère à un fonctionnement "marchand". L’histoire se répète. Au Mali, un pays dont le développement économique dépend en partie des 643 kilomètres de rails qui le relie au port de Dakar, la privatisation bâclée de l’ancienne Régie des chemins de fer a soulevé l’indignation populaire. Depuis 2003, Transrail, entreprise appartenant à Savage Companies, dispose souverainement des lignes et du matériel loués à un prix dérisoire pour une durée de 25 ans. Cette privatisation a conduit à des catastrophes économiques et humaines. Outre les coupes claires réalisées dans les domaines inhérents à l’exploitation du chemin de fer (vente des voitures-voyageurs à la ferraille pour 15 euros ; recentrage sur le fret et suppression des lignes de voyageurs et des 2/3 des gares ; augmentation du coût de déplacement des marchandises), le côté le plus sombre en est, sans doute, le coût humain. Sur les 1.582 cheminots employés par l’ancienne Régie du Chemin de Fer du Mali, 619 sont aujourd’hui sans emploi. De plus, la fermeture des lignes voyageurs et des gares a littéralement mis à mort toute l’ économie des villages bordant les voies. Enfin, l’absence d’investissements dans un matériel vétuste provoque des catastrophes coûteuses en vies humaines. Depuis août 2003, un association malienne, le Collectif citoyen pour la restitution et le développement intégré du rail malien (Cocidirail), multiplie les marches et les meetings pacifiques afin de voir le rail malien restitué à son peuple. (Son site : http://cocidirail.info )

Sources : Imagine, numéro de septembre-octobre 2006.