Le big business de la pharma n’aime guère le marché


Samedi 29 juillet 2006, Erik Rydberg, 1600 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Que les multinationales n’aiment guère le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
et la libre concurrence (sauf en théorie, il n’est pas mauvais qu’on continue à l’enseigner dans les écoles) est un fait qui ne se dément pas dans la pratique quotidienne du big business. On en veut pour preuve l’enquête criminelle ouverte par la justice américaine à l’encontre des géants de l’industrie pharmaceutique que sont Sanofi-Aventis (Paris) et Bristol Myers (New-York), comme ces derniers l’ont reconnu fin juillet 2006. L’histoire qui les a amenés sur le banc des délinquants économiques présumés ne manque pas de sel. Tous deux se partagent la commercialisation de l’anticoagulant Plavix, deuxième au hit-parade mondial des médicaments avec un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
2005 de 5,9 milliards de dollars dont Bristol-Myers (qui a l’exclusivité pour les Etats-Unis) en empoche plus de la moitié, 3,8 milliards. Le Plavix, en d’autres termes, est le ticket gagnant, le jackpot rêvé. Sauf que, voilà. Patatras. Un producteur canadien, Apotex, s’apprêtait à sortir une variante générique du médicament, moins chère, naturellement. D’où la manœuvre des deux multinationales qui leur ont valu de se trouver dans le collimateur de la justice : ils ont proposé à la société canadienne de lui payer quelque 40 millions de dollars pour retarder la mise sur marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
du générique jusqu’en 2011. C’est permis, cela ? Non. Mais on peut toujours essayer. Le big business ne cesse d’essayer de court-circuiter le marché.

Source : Wall Street Journal, 28 juillet 2006.