Detroit USA supprime 50.000 emplois "décents" dans l’automobile.


Lundi 3 juillet 2006, Erik Rydberg, 2149 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’Organisation internationale du Travail Organisation internationale du Travail Ou OIT : Institution internationale, créée par le Traité de Versailles en 1919 et associée à l’ONU depuis 1946, dans le but de promouvoir l’amélioration des conditions de travail dans le monde. Les États qui la composent y sont représentés par des délégués gouvernementaux, mais également - et sur un pied d’égalité - par des représentants des travailleurs et des employeurs. Elle regroupe actuellement 183 États membres et fonctionne à partir d’un secrétariat appelé Bureau international du travail (BIT). Elle a établi des règles minimales de travail décent comprenant : élimination du travail forcé, suppression du labeur des enfants (en dessous de 12 ans), liberté des pratiques syndicales, non-discrimination à l’embauche et dans le travail… Mais elle dispose de peu de moyens pour faire respecter ce qu’elle décide.
(En anglais : International Labour Organization, ILO)
(OIT OIT Organisation internationale du Travail : Institution internationale, créée par le Traité de Versailles en 1919 et associée à l’ONU depuis 1946, dans le but de promouvoir l’amélioration des conditions de travail dans le monde. Les États qui la composent y sont représentés par des délégués gouvernementaux, mais également - et sur un pied d’égalité - par des représentants des travailleurs et des employeurs. Elle regroupe actuellement 183 États membres et fonctionne à partir d’un secrétariat appelé Bureau international du travail (BIT). Elle a établi des règles minimales de travail décent comprenant : élimination du travail forcé, suppression du labeur des enfants (en dessous de 12 ans), liberté des pratiques syndicales, non-discrimination à l’embauche et dans le travail… Mais elle dispose de peu de moyens pour faire respecter ce qu’elle décide.
(En anglais : International Labour Organization, ILO)
) promeut, depuis 1998, la notion "d’emploi décent". On dirait plutôt, en bon français, un emploi correct, conforme au droit du travail et aux acquis fondamentaux des revendications ouvrières. C’est un sujet où, en général, on s’inquiète de l’indécence des conditions de travail qui prévalent dans le tiers-monde – sans s’apercevoir que l’emploi se tiers-mondise en réalité dans le monde entier. Voir par exemple la débâcle du secteur automobile américain qui frappe les anciens champions de Detroit. General Motors va se débarrasser de quelque 30.000 travailleurs par départ volontaire, 9.000 des 31.000 ouvriers syndiqués de son ex-filiale "pièces détachées" Delphi vont suivre le même chemin et le numéro deux, Ford, a annoncé le départ de 10.000 travailleurs, soit au total près de 50.000 ouvriers qualifiés rayés d’un trait de plume. L’opération de nettoyage par le vide chez General Motors (un quart des ouvriers supprimés aux Etats-Unis) a été qualifiée de "réellement historique" – mais pas uniquement en raison de son ampleur. Comme l’indique Gary Chaison, professeur en relations industrielles à la Clark University (Massachusetts), l’opération est surtout historique parce qu’elle marque – ouvrez les guillemets – "la fin des bons emplois", bien payés et correctement protégés, et notamment par l’affaiblissement du syndicat de l’automobile United Auto Workers (UAW), dont les effectifs (557.000) ont fondu au tiers du niveau atteint dans les années septante. La débâcle parallèle de l’UAW, auparavant considéré comme "l’aristocratie du mouvement ouvrier", lui rendra la tâche de faire valoir sa conception de l’emploi correct et décent d’autant plus difficile – conception qui servira dès lors encore moins d’étalon pour les travailleurs du monde entier. Ce sont eux qui en seront demain les victimes.
Toute détérioration du rapport des forces frappant les travailleurs quelque part rejaillit sur l’ensemble des travailleurs partout.

Sources : Financial Times, 26 juin 2006.