Boycott syndical de Peugeot : casse d’un outil (Ryton) rentable mais pas profitable.


Vendredi 9 juin 2006, GRESEA ASBL, 2012 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le 9 juin 2006, deux grands syndicats britanniques, Amicus et the General Worker’s Union lancent une campagne de boycott des automobiles Peugeot. En cause, la décision en avril 2006 de Peugeot de fermer son unité de production à Ryton, près de Coventry en Angleterre, jetant ainsi à la trappe les 2.300 travailleurs de l’usine, rachetée par le groupe Peugeot en 1978, mais qui existe depuis 1946. La nouvelle a paru d’autant plus choquante que, dans le même temps, Peugeot forme le projet de transférer la production de Ryton dans une nouvelle unité en Slovaquie (à Trnava, un investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
de 1,1 milliard d’euros qui devrait "donner" 450.000 véhicules par an à partir de 2009). Derek Simpson, secrétaire général de Amicus : "Le message doit être que, si vous voulez vendre en Grande-Bretagne, il vous faut aussi produire en Grande-Bretagne ou, dans le cas du secteur des services, y employer de la main d’œuvre." La Grande-Bretagne, nota bene, est le troisième client mondial, en volume, de voitures "Made by Peugeot", après la France et l’Espagne. Les syndicats britanniques ont saisi l’occasion pour demander un renforcement de la protection du travail. Une des raisons majeures de la fermeture de Ryton est en effet la facilité avec laquelle l’ouvrier britannique peut être renvoyé : en France, le licenciement d’un ouvrier avec 25 ans de services "coûte" près de 190.000 euros livres alors qu’il n’en "coûte" qu’environ 7.300 euros pour licencier un travailleur anglais. Cerise sur le gâteau : selon Peugeot, la fermeture de Ryton n’est pas due au fait que l’usine "ne ferait pas de bénéfices, mais parce qu’elle n’est pas assez profitable". Textuel. Peugeot risque cependant d’en payer les conséquences puisque d’autres centrales syndicales européennes, telle la CGT française, ont décidé de soutenir la campagne de leurs collègues britanniques. La solidarité syndicale, cela existe.

Sources : Financial Times, 8 juin 2006 et archives GRESEA.