Siegwerk rachète une usine pour... la fermer.


Jeudi 15 juin 2006, GRESEA ASBL, 2290 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Investissements directs à l’étranger (IDE IDE Investissement Direct à l’Étranger : Acquisition d’une entreprise ou création d’une filiale à l’étranger. Officiellement, lorsqu’une société achète 10% au moins d’une compagnie, on appelle cela un IDE (investissement direct à l’étranger). Lorsque c’est moins de 10%, c’est considéré comme un placement à l’étranger.
(en anglais : foreign direct investment)
) riment en général avec bonne santé économique pour le pays qui les accueillent. Le "miracle économique" chinois est souvent mesuré à cette aune. La Chine attire plein d’IDE IDE Investissement Direct à l’Étranger : Acquisition d’une entreprise ou création d’une filiale à l’étranger. Officiellement, lorsqu’une société achète 10% au moins d’une compagnie, on appelle cela un IDE (investissement direct à l’étranger). Lorsque c’est moins de 10%, c’est considéré comme un placement à l’étranger.
(en anglais : foreign direct investment)
, pour une valeur de 60 milliards de dollars en 2005. Maintenant, il y investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
et investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
. La preuve par la firme allemande Siegwerk, spécialisée dans les encres de "packaging" (emballages et étiquettes), numéro 2 mondial dans sa spécialité (chiffres d’affaires : 613 millions d’euros) qui a racheté, en juin 2005, la division encres de packaging de la firme suisse Sicpa. On a donc ici un IDE d’une firme allemande en Suisse et – par ricochet – un IDE en Belgique, via l’entreprise Sicpa de Bornem, qui occupe 270 travailleurs. Occupe ? Occupait serait plus exact. En mars 2006, les 270 travailleurs de Sicpa Bornem apprennent en effet que Siegwerk va fermer l’entreprise. C’est une histoire de fou ? Siegwerk investit pour désinvestir ? Chez Siegwerk, naturellement, on n’est pas fou, car le rachat de Sicpa Bornem lui permet de faire main basse sur la clientèle de l’entreprise belge, seul but de l’opération. Mieux : pour maintenir l’ardeur au travail du personnel de Sicpa Bornem, un "manager de crise" de Siegwerk viendra lui expliquer que seules les indemnités légales lui seront payées mais... qu’on accorderait néanmoins un bonus de production aux travailleurs. Logique. Il faut soigner les relations avec la clientèle, qu’il s’agit pour Siegwerk de récupérer. Logique mais mauvais calcul. Les employés et ouvriers de Sicpa se mettront en grève à la mi-mai 2006 et sont allés en Allemagne au siège de Siegwerk pour exiger un plan social en bonne et due forme. Il ont finalement obtenu la mise en place d’un régime de prépension à 55 ans ainsi qu’un "accompagnement" en termes d’outplacement. Une prime de fermeture est prévue en cas où des travailleurs quitteraient l’entreprise avant sa fermeture définitive prévue en mars 2007. Il y a une morale à l’histoire ? Il faut toujours se méfier lorsqu’on entend parler d’investissements directs à l’étranger. Un IDE cache bien souvent un DDE, un désinvestissement direct à l’étranger.

Source : Syndicats 9/6/2006 et archives Gresea.