USA : Plus de 70 actions en justice contre Wal-Mart (violation du droit du travail).


Vendredi 14 juillet 2006, GRESEA ASBL, 2683 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Wal-Mart et d’autres entreprises américaines sont de plus en plus attaquées en justice en raison d’heures supplémentaires impayées. C’est que de plus en plus d’employés de Wal-Mart se solidarisent et exigent collectivement, par voie judiciaire, la rémunération de leur travail. A la fin de l’année 2005, un jury californien a condamné Wal-Mart à payer 136 millions d’euros à 116.000 de ses employés, pour violation d’une loi de l’Etat exigeant trente minutes de pause repas par prestation de six heures continues. Les dirigeants de Wal-Mart ne sont pas au bout de leurs surprises. C’est que la "bagatelle" de 70 autres actions collectives en justice ont été intentées contre Wal-Mart, toujours pour des questions de salaires et d’heures supplémentaires non payées et toujours en vertu de lois fédérales. En mai 2006 également, Citigroup, groupe d’investissements boursiers, a dû débourser 77,5 millions de dollars à certains de ses courtiers présents ou passés. Cette somme correspond, comme dans le cas de Wal-Mart à des heures supplémentaires impayées. Force est de constater que ce type d’actions se multiplie outre-Atlantique. On connaissait, de longue date, la propension des Américains à faire appel aux cours et tribunaux de toutes sortes. Mais ici, changement. Et de taille. Les classiques cas de plaintes pour discrimination à l’embauche et harcèlement sexuel n’impliquent généralement qu’un seul travailleur. A contrario, les poursuites judiciaires ayant trait aux salaires et aux heures prestées impliquent des centaines de milliers de travailleurs. Les employeurs essayant de rogner sur les coûts de main d’œuvre, ce genre de situations risque de se généraliser à l’avenir. "Il y a eu un déclin des actions des autorités publiques destinées à faire respecter la loi. Alors, les avocats sont intervenus pour faire respecter les lois existantes", dixit Cathy Ruckelhaus du National Employment Law Project, groupement d’avocats opérant pour des travailleurs à bas salaires. On signalera que les relations industrielles aux Etats-Unis se caractérisent depuis longtemps par une stratégie visant à miner l’influence des syndicats au sein des compagnies, histoire bien entendu de brider les prétentions salariales. Deux petites leçons en guise de conclusion. Primo, avec ou sans syndicats, les travailleurs continuent à se défendre quand ils estiment que c’est nécessaire. Secundo, la justice étant réputée aveugle, on gagera qu’une négociation avec les syndicats se serait finalement avérée moins coûteuse. A méditer…

Source : Financial Times 9/6/06