Pour BASF, diffusion de tracts équivaut à harcèlement...


Vendredi 18 août 2006, GRESEA ASBL, 1814 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Joris Van Gorp a travaillé à BASF de 1977 à 1987. Quinze ans plus tard, il est poursuivi en justice pour harcèlement : début avril 2006, la chambre du conseil d’Anvers a décidé de renvoyer le dossier devant le tribunal correctionnel. Affaire étonnante. Car ce que BASF reproche à l’ancien travailleur (par ailleurs responsable de la section anversoises du PTB) n’est que... une distribution de tracts et de brochures à la sortie de l’usine. Des textes qui, pour le surplus, n’ont rien d’incendiaire : dans l’un, il est par exemple affirmé que "BASF veut augmenter son efficacité de 10 % pour janvier 2007. Le PTB a toujours dit que ceci était réalisable par une diminution de 10% des emplois combiné à une perte de salaire de 10 %" tandis qu’un autre ne fait que reprendre des propos du patron de BASF selon lesquels "Les salaires constituent une part importante de nos coûts, mais ils ne sont pas essentiels. Nous réalisons un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
de 4,5 milliard d’euros. Seul 8 % de ce CA est affecté aux salaires. Quand les syndicats demandent une augmentation de salaire de 10 %, cela ne nous coûte que 0,8 % du chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
"... Pas de quoi fouetter un chat. Mais de quoi, par contre, par un habile retournement de la loi sur l’harcèlement, dissuader toute expression de critiques du secteur privé. Selon l’avocate Zohra Othman, il y a tout lieu de s’inquiéter de ce précédent : "Ce serait une regrettable erreur d’appréciation de ne pas le faire. La direction de BASF part sans aucun doute du principe qu’elle a des chances d’obtenir gain de cause. Ce serait un précédent aussi dangereux que les astreintes contre des piquets de grève".

Source : Solidaire 12/04/2006, De Morgen 28/05/2005, La Lbre Belgique 23/02/2006, De Nieuwsblad 01/12/2005