Prisma Presse réinvente la censure libérale préventive.


Jeudi 23 mars 2006, GRESEA ASBL, 1540 signes.
Cet article a été visité 144 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Prisma Presse est le numéro deux de la presse magazine en France : 19 titres, dont Capital Capital Ensemble d’actifs et de richesses pouvant être utilisés pour produire de nouveaux biens ou services.
(en anglais : capital, mais aussi fund ou wealth)
, Geo, Femme actuelle, Ça m’intéresse, Voici, Gala et VSD. Cela fait pas de journalistes et pas mal d’écrits dérangeants en puissance. Plus pour longtemps, peut-être. Le nouveau PDG de Prisma Presse, Fabrice Boé (ex-L’Oréal, ex-Lancôme, ex-Hermès) a marqué d’une pierre blanche sa nouvelle vocation de patron de presse... en exigeant des journalistes du groupe que, pour tout livre qu’ils envisageraient d’écrire en dehors de leurs heures de travail, ils en fournissent au préalable "une description précise du contenu et de l’esprit" et, le manuscrit terminé, qu’ils le soumettent aux dirigeants du groupe avant publication. Mieux : il leur est demandé de s’engager, par écrit, à ne rien publier qui comporterait une "orientation ou interprétation politique" – ce afin de respecter "la position de neutralité constante prise par Prisma Presse" – ou qui mettrait en cause "un quelconque des partenaires ou annonceurs publicitaires de Prisma Presse". Lorsque qu’on sait, comme le signale le Canard Enchaîné en révélant cette délicieuse note interne de censure préventive, que Prisma Presse réalise quelque 200 millions d’euros de recettes publicitaires par an, cela équivaut à un black-out quasi total, aucune entreprise ne pourra faire l’objet des journalistes de Prisma Presse d’un quelconque examen un tant soit peu approfondi. C’est stalinien ? Non, libéral.

Source : Canard Enchaîné 22/03/06