Electrabel gobé, Suez lorgne sur Gaz de France, gobable.


Jeudi 2 mars 2006, GRESEA ASBL, 2490 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les grandes manœuvres de concentration dans le secteur de l’énergie européen (absorption par le Français Suez du Belge Electrabel, raid de l’Allemand Eon sur l’Espagnol Endesa) ont atteint un nouveau sommet avec le projet, porté par le gouvernement Villepin, de fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
de l’électricien Suez avec le gazier Gaz de France (GdF), une opération qui, auréolée de "patriotisme économique" (contre-offensive au projet d’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
hostile de l’Italien Enel sur Suez), ferait du nouveau groupe, avec une valeur boursière cumulée de 73 milliards d’euros, le 2e groupe énergétique derrière Eon et le 1er groupe gazier mondial. C’est le retour des mammouths. L’affaire ne manque pas d’être piquante, comme l’a révélé le Canard Enchaîné, qui en dresse les rétroactes. Le projet n’a effet que peu de rapports avec les "nobles" réactions de protectionnisme patriotique portées par le tintamarre médiatique : il fait l’objet de négociations secrètes entre les PDG de Suez et de GdF depuis février 2004, donc bien avant l’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
sur Electrabel, ce qui, soit dit en passant, pourrait remettre en question la légalité de cette dernière, les autorités belges n’ayant pas été pleinement informées des tenants et aboutissants du dossier. Le gouvernement Villepin, lui, était au courant, mais préférait temporiser pour ne pas effaroucher les syndicats : Gaz de France reste une entreprise publique avec une participation de l’Etat de 70% bétonnée dans la loi (qu’on amendera donc) et une fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
avec Suez reviendra à la... privatiser, statut des travailleurs inclus. Il y a une morale à l’histoire ? Oui. Tout le monde, à commencer par Berlusconi, est tombé des nues devant l’annonce officielle "bidon", le 25 février 2006, de la fusion – à l’exception, précise le Canard Enchaîné, du PDG de Suez Mestrallet, qui s’est déjà octroyé le strapontin de président du nouveau groupe, du PDG de Gaz de France Cirelli, auquel échoira la vice-présidence, et d’Albert Frère, premier actionnaire Actionnaire Détenteur d’une action ou d’une part de capital au minimum. En fait, c’est un titre de propriété. L’actionnaire qui possède une majorité ou une quantité suffisante de parts de capital est en fait le véritable propriétaire de l’entreprise qui les émet.
(en anglais : shareholder)
de Suez, qui perdra certes "le rôle clé qu’il détenait chez Suez" mais dont la participation "vaut aujourd’hui 50% de plus qu’il ne l’a payée". Vous avez dit économie casino ? (Pour les résistances aux privatisations, voir le site de Résistances Electriques et Gazières http://www.globenet.org/aitec/reg/actualites/ )

Sources : Financial Times, 27 février 2006, Canard Enchaîné, 1 mars 2006.