Café équitable et petits profits.


Lundi 13 août 2007, Erik Rydberg, 1602 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le commerce équitable a de multiples définitions. Selon d’aucuns, la concurrence déloyale, les abus de position dominante et les ententes monopolistiques sont des procédés commerciaux inéquitables qui dévoient la formation d’un juste prix et grugent le consommateur. Selon d’autres, et c’est le sens usuel et militant du commerce équitable, ce dernier consiste à corriger les inéquités du commerce mondial en rétribuant mieux, circuit parallèle aidant, les petits producteurs du Tiers-monde. Ces produits-là, cependant, sont en général plus chers mais... pas toujours en raison de leur surcoût "équitable". Dans telle cafétaria britannique, raconte Tim Harford, la tasse de café équitable était vendue 15 centimes plus cher (5,8%) qu’un café ordinaire. Le consommateur qui faisait ce choix pouvait, avec bonne conscience, penser qu’il contribuait ainsi à rendre le monde un peu meilleur. Erreur. Il ne faisait que remplir un peu plus les poches du patron de café. La prime d’environ un euro et demi par kilo offerte aux petits producteurs par la marque de café équitable Cafédirect ne correspond en effet qu’à un surcoût, par tasse vendue à Londres, d’un petit centime. Donc, petit calcul tout simple : 14 centimes pour le patron de café et 1 centime pour un commerce équitable qui, conclut Harford, réalise le rêve de tout commerçant : vendre à la tête du client. Ce n’est pas très moral ? Non, ce n’est pas très moral. Le commerce n’est pas moral.

Source : "The Undercover Economist" de Tim Harford, 2006, édition de poche chez Abacus, 2007.