Yves Rocher licencie 133 ouvrières au Burkina-Faso.


Lundi 5 décembre 2005, GRESEA ASBL, 1769 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Bavardages interdits, absence de visite médicale, horaires rallongés et cadences intenables étaient quelques-unes des pratiques usuelles de l’entreprise "La Galicienne", fondée en 1996 par le géant mondial de la cosmétologie Yves Rocher au Burkina Faso et qui employait 133 ouvrières. Les travailleuses de l’usine gagnaient 15 €/mois, soit un tiers du salaire minimum légal du Burkina Faso, à cause de longues périodes de chômage impayées. En juin 2004, les ouvrières de La Galicienne parviennent à faire entendre leurs revendications auprès de l’ONG française Egalité. Rocher rencontre peu après l’association, mais après une "inspection", réalisée par un cabinet privé au sein de la filiale africaine, l’entreprise menace de poursuites judiciaires les auteurs des doléances... En avril 2005, l’avocat du groupe Rocher propose aux ouvrières…de racheter elles-mêmes leur entreprise, ce qu’elles refusent, comprenant que l’affaire n’est pas viable. Le 1er août 2005, La Galicienne ferme ses portes et laisse 133 ouvrières sur le carreau. Les ex-ouvrières se sont mobilisées. Le 13 octobre 2005, elles ont manifesté à Ouagadougou pour demander le versement d’indemnités décentes de licenciement, plus des dommages et intérêt de 2.830 € par personne. Bien que la mobilisation ait pris de l’ampleur en France, Rocher refuse de négocier et propose toujours 76 € d’indemnité de fin de contrat et 283 € de dommage et intérêt contre…une lettre d’engagement de cesser toute poursuite. L’ONG Peuples Solidaires invite à signer une lettre de protestation à l’attention du groupe français : www.peuples-solidaires.org

Source : Bulletin de Peuples Solidaires du 1 décembre 2005