Adidas joue Reebok contre Nike. A trois, ils contrôlent 60% du marché.


Vendredi 5 août 2005, GRESEA ASBL, 1913 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La décision de l’Allemand Adidas de racheter son concurrent américain Reebok pour 3,1 milliards d’euros renforcera encore un peu plus l’emprise des géants de la chaussure de sport sur ce marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
, puisque l’entité ainsi créée en contrôlera, ensemble avec le rival Nike, 60%. La nouvelle a cependant laissé les observateurs sceptiques. D’une part, en raison des limites mêmes du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
(les acheteurs n’ont après tout que deux pieds) et, donc, des difficultés pour « rentabiliser » l’opération. Et d’autre part, note un analyste dans le Financial Times, parce que cette acquisition revient, en réalité, à « détruire de la valeur ». Logique. Puisque, le plus souvent en matière d’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
et de fusions-acquisitions, le nouveau tout sera est inférieur à la somme des parties (1 + 1 = 1,5-1,9), vu qu’il faudra liquider du personnel, réduire les coûts, réaliser des économies dites d’échelle. L’information mérite d’être lue en parallèle avec l’analyse que Simon Caulkin vient de faire, dans le Guardian Weekly, de l’explosion des transactions de fusions-acquisitions au plan mondial : elles se sont élevées, en 2004, à 1.500 milliards de dollars (dont 700 en Europe) et ne paraissent pas devoir ralentir en 2005 puisque 96% des entreprises américaines (et 88% des européennes) sondées dans un rapport Ernst & Young projettent de suivre le mouvement. Caulkin ne se hasarde pas à chiffrer la valeur « détruite » par cette boulimie – mais il épingle comme un fait de société significatif que ces transactions représentent « une part sans cesse croissante de l’activité – d’expansion ou d’adaptation – des entreprises ». Elles n’investissent pas, elles n’innovent pas, elles ne créent pas des richesses nouvelles : elles font du shopping.

Sources : Financial Times, 4 août 2005 ; Guardian Weekly, 5 août 2005.