France. Lobby des multinationales de l’eau (SPDE). Action contre la gestion publique de l’eau.


Jeudi 4 août 2005, GRESEA ASBL, 1630 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Depuis 1996, en France, c’est une épine dans le pied du lobby Lobby Groupement créé dans le but de pouvoir influencer des décisions prises habituellement par les pouvoirs publics au profit d’intérêts particuliers et généralement privés. La plupart des lobbies sont mis en place à l’initiative des grandes firmes et des secteurs industriels.
(en anglais : lobby)
des multinationales de l’eau (Veolia, ex-Vivendi, Saur, La Lyonnaise des Eaux-Suez, regroupés dans la SPDE, le Syndicat professionnel des distributeurs d’eau). Depuis cette date, en effet, le département des Landes, que préside le socialiste Henri Emmanueli, a majoré de 5% les subventions en faveur des communes qui gèrent elles-mêmes, en régie, leurs ressources en eau – et diminué d’autant celles des communes qui ont abandonné le secteur au privé. Décision de bonne administration, sans doute, puisqu’elle s’appuie sur une étude démontrant que l’eau vendue par le privé coûte 70% plus cher que celle des régies municipales. Annulé par Chirac en 1997, cet acte de "discrimination positive" obtiendra gain de cause, en novembre 2003, par un arrêt du Conseil d’Etat, qui juge parfaitement légitime que le département favorise la politique de l’eau qu’il croit bonne. Conforté par cet arrêt, le département des Landes – le seul, nota bene, a promouvoir ainsi les services publics des eaux – a décidé, l’an dernier, d’augmenter à nouveau la subvention des communes rebelles. D’où, nouveau recours de la SPDE. D’où encore, en avril 2005, le dépôt d’un amendement de la droite (UMP) visant purement et simplement à interdire la modulation des aides en fonction du mode de gestion des ressources... Mis à l’agenda de l’Assemblée nationale, cet automne, l’amendement sera-t-il l’énième occasion de voir l’intérêt général reculer devant l’intérêt privatisé ?

Source : Le Canard enchaîné, 3 août 2005.