Electrolux organise un match Italie-Suède.


Mercredi 23 novembre 2005, GRESEA ASBL, 1958 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La restructuration d’Electrolux, en 1997, constitue un cas d’école de la mise en concurrence des travailleurs. A l’époque, dans sa course à la multinationalisation (absorption de Faure et Arthur Martin en France, de Merloni et de Zanussi en Italie puis de l’allemand AEG, et entrée de Whirlpool dans son actionnariat), Electrolux compte 105.000 salariés dans 60 pays et 150 usines et... lance son énième plans de restructuration : 12.000 emplois à supprimer en deux ans. Présenté au Comité d’entreprise européen, le plan soulignera que le site suédois d’Alingsâs manifeste de fâcheux "problèmes de compétitivité". Il est donc placé sur la liste rouge. D’où, chez les travailleurs suédois, présentation d’un train de mesures (dont une renonciation à toute augmentation salariale l’année d’après) censée pallier le "déficit" de compétitivité. Du coup, c’est le site de Vanoncello, en Italie, qui fait figure de vilain canard : pas compétitifs, les travailleurs italiens ! Lesquels, pour éviter la liste rouge, mettent en route un autre type de surenchère, en appelant le ministère de l’Economie à la rescousse, car, en absorbant Zanussi, en 1984, Electrolux s’était engagé auprès de l’Etat italien de ne fermer aucune usine italienne avant 1997. Là, cependant, on est en 1997. L’Etat italien présentera donc son propre train de mesure "visant à pallier les déficits de compétitivité : transfert d’une partie de l’usinage en Hongrie et suppression partielle de l’emploi à Vanoncello, 300 postes au lieu des 1.000 initialement prévus. Il y a une morale à l’histoire ? L’emploi a été préservé, plus ou moins. Les travailleurs ont perdu, beaucoup. Et Electrolux a gagné sur tous les tableaux.

Source : Quynh Delaunay, "Comités de groupe européens et internationalisme : le cas d’Electrolux", in "La mondialisation en question", sous la direction de Jean-Claude Delaunay, L’Harmattan, Paris, 1999.