Le supermarché, c’est du superbio.


Mardi 31 octobre 2006, Bruno Bauraind, 1560 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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En Angleterre, les organismes de certification de l’agriculture biologique subissent la pression des supermarchés. Logique. En Grande-Bretagne, comme ailleurs en Occident, le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
du bio explose. Et les producteurs biologiques britanniques ne parviennent plus à répondre à la demande. Pour satisfaire leur clientèle, des supermarchés, comme Tesco, sont contraints d’importer jusqu’à 70% des produits labellisés. D’où cette trouvaille, de surcroît moins onéreuse : alléger les conditions d’obtention du label bio... Selon Lawrence Woodward, ancien président du comité pour les standards de la Soil Association (principale association de certification bio en Grande-Bretagne), les pressions de la grande distribution sur les organismes de certification ont ainsi eu pour effet de multiplier les dérogations permettant à des exploitations "quasi industrielles" de devenir des fermes biologiques. Voir le cas, en Angleterre, du saumon d’élevage, classé "bio", ou encore des poules : elles sont "bio" dès lors qu’elles proviennent d’un élevage de moins de 2000 têtes alors que, pourtant, la Soil Association conseille d’en limiter le nombre à 500. Les chaînes de supermarchés ne se cachent pas vraiment de leurs activités de lobbying. Ainsi, Sir Terry Leahy, le directeur général de Tesco, la première chaîne de supermarchés en Grande-Bretagne, a appelé le mouvement biologique britannique à devenir plus "professionnel" (lisez : plus rentable).

Source : Alter Business n°122 du 31 octobre 2006.