Mittal donne une leçon de gouvernance...


Mardi 14 novembre 2006, Bruno Bauraind, 2034 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La gouvernance, chez Mittal-Arcelor, évolue à la vitesse V prime. Réuni d’urgence, le 5 novembre 2006, le conseil d’administration de l’entité fusionnée a entériné la démission du président de la Direction générale, le luxembourgeois Roland Junck, un ancien d’Arcelor, et ce... au profit de Lakshmi Mittal, qui, concentrant tous les pouvoirs, cumulera désormais cette fonction avec celle de la présidence du conseil d’administration. Junck n’aura donc "duré" que trois mois – et on serait tenté de dire la même chose de l’accord passé en juin entre Mittal et Arcelor, qui le désignait à ce poste de commandement. Là, amusant. Car c’est notamment en raison de cette désignation que, à l’époque, le ministre français de l’Economie, Thierry Breton, avait salué l’accord comme "équilibré", tandis que Mittal ne tarissait pas de louanges à l’endroit de Roland Junck, un "homme d’exception très expérimenté", disait-il... Moins amusant : les centres de recherche d’Arcelor, financés par le contribuable français avant la fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
, s’apprêtent, eux, à être délocalisés vers le Brésil. Encore moins amusant : les "synergies" (entendre : les suppressions d’emplois, entre 25 et 30.000) qui vont rétribuer les "investisseurs" (spéculateurs) qui ont orchestré l’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
de Mittal sur Arcelor – ici, l’accord, à supposer qu’on puisse encore s’y référer, prévoyait pour mémoire qu’elles ne toucheraient pas, durant un bref répit de cinq ans, le "périmètre Arcelor". On peut toujours rêver. Précisons enfin que ce même accord dispose que l’énorme endettement de Mittal doit, selon l’expression du Canard Enchaîné, rester "cantonné" dans le groupe indien et "non pas être refilé en totalité à la nouvelle entité" – un "cantonnement" qui, ajoute l’hebdomadaire satyrique, risque fort de subir, à entendre certains analystes, "le même sort que les autres promesses". Business is business.

Sources : Le Monde du 6 août 2006 et Le Canard Enchaîné du 8 novembre 2006.