Yue Yuen, sous-traitant dans l’art de l’esquive.


Mardi 16 janvier 2007, GRESEA ASBL, 1404 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Ceci est une information amusante. Elle parle de chaussures. Même si son nom ne figure sur aucune étiquette, Yue Yuen (sous-traitant de Nike, Adidas, Puma, Timberland) est le numéro un mondial de la chaussure, l’entreprise en fabrique 180.000.000 paires par an, essentiellement pour les Etats-Unis et l’Europe. Elle a pour cela des usines en Chine (quatre, dont la plus grande fait plus d’un million de mètres carrés), au Viêt-Nam (une) et en Indonésie (une), 265.000 travailleurs en tout, et c’est une affaire qui marche. Sa production a quasi été multipliée par quatre en moins de dix ans. 57 millions de paires en 1996, 186 millions en 2005. C’est une "success story" chinoise – façon de parler : Yue Yuen a ses quartiers généraux à Hong Kong mais la société est enregistrée aux Bermudes, elle a bien choisi son paradis fiscal Paradis fiscal Territoire qui bénéfice d’un avantage fiscal (ou plusieurs) par rapport aux tarifications habituellement en vigueur à l’étranger. Le gain peut être un impôt très faible, voire inexistant, sur les hauts revenus, sur les frais d’enregistrement ou administratifs, sur le patrimoine.
(en anglais : tax havens)
. Maintenant, amusant. Car on aurait pu penser que, la Commission européenne ayant frappé l’importation de chaussures de droits de douane anti-dumping (octobre 2006), le numéro un mondial Yue Yuen allait en pâtir. Eh bien à peine. Car ces droits de douane visaient les chaussures fabriquées en Chine et au Viêt-Nam. Yue Yuen s’est donc empressée de faire monter en plein régime son usine indonésienne... Ils possèdent des cartes de l’Asie, à la Commission européenne ?

Source : The Economist, 13 janvier 2007 et archives Gresea