Airbus "compétitivise" ses travailleurs.


Jeudi 8 février 2007, Erik Rydberg, 1890 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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En matière de compétitivité, c’est bien connu, on raconte n’importe quoi. On établit des tableaux comparant la "compétitivité" des nations. Ce qui ne rime à rien. Poudre aux yeux pour mettre les travailleurs sous pression : vous nous coûtez trop cher. Propagande patronale. La compétitivité des entreprises, soit leur capacité de se défendre devant la concurrence, est par contre bien réelle. Mais on n’en parle guère. Secret de "fabrication". Aucune entreprise n’aimerait rendre publique (donc faire connaître à ses concurrents) la nature et la force de sa position concurrentielle. Ce qui ne veut pas dire que les entreprises ne la calculent pas. Chaque grosse boîte dispose de tableaux savants qui évaluent au plus près le coût de production des biens et services vendus. Parfois, rarement, cela "filtre" à l’extérieur. Voir le cas d’Airbus (actuellement confronté à une restructuration, des licenciements), dont les "tableaux de productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
comparée" relatifs à ses différents sites européens ont été publiés par le magazine allemand Focus. Où il apparaît que les sites, français, allemands, espagnols et britanniques d’Airbus ont été classés sur une échelle de productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
allant de 1 à 5. Certains obtiennent un bon score, comme Broughton (Grande-Bretagne), Brême et Hambourg (Allemagne) et Saint-Nazaire (France). D’autres, c’est plutôt mauvais : Nantes (2,65 sur 5), Illescas (Espagne, 2,61 sur 5), Saint-Eloi (France, 2,53 sur 5) ou, fond du panier, Buxtehude (Allemagne, 2,4 sur 5). Sur quelle base ces scores ont-ils été obtenus ? Cela reste : "secret de fabrication". Que les syndicats, pour contrer ce hit-parade destiné à diviser les travailleurs, ont naturellement tout intérêt à percer et soumettre à contre-analyse. Y compris sur le fond : quelle économie voulons-nous ?

Source : Les Echos, 6 février 2007.