Alcatel-Lucent, plus c’est grand, plus c’est petit (en emplois).


Dimanche 11 février 2007, Erik Rydberg, 1637 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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C’est une carte saisissante que De Standaard publie sur l’évolution de la présence industrielle d’Alcatel en Belgique. En vingt ans, la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
a fait fondre ses effectifs de 15.000 travailleurs (1987) à 1.886 en 2007 (1.660 à Anvers, 66 à Grand-Bigard et 160 à Namur) – et ses usines de quatorze à... zéro, la dernière, à Geel, ayant été cette année vendue à TBP Electronics (Pays-Bas). C’est un nettoyage par le vide qui s’est effectué par fermeture pure et simple (Gand) ou par société interposée (le finlandais Scanfill reprendra Hoboken en 2003, pour ensuite fermer), par filialisation Filialisation Stratégie d’une entreprise consistant à transformer un département en société juridiquement indépendante, mais toujours contrôlée par la firme en question.
(en anglais : changing in subsidiary ; en fait, il n’y a pas de traduction directe)
et autonomisation (Nexans qui en a repris sept, dont une entre-temps fermée : Opglabeek) ou encore par revente (Charleroi à Thales, Oudenaarde à AMIS, Geel à TBP Electronics). Si Alcatel est d’actualité, c’est naturellement en raison de sa fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
, en décembre, avec le géant américain Lucent, et de son futur programme de "synergies". Entendre : économies d’échelle, réduction des coûts et licenciements. Alcatel a déjà chiffré, et revu tout cela à la hausse en raison de son mauvais résultat au quatrième trimestre 2006 : il lui faut "gagner" 1,7 milliard d’euros, donc sabrer d’autant. Et chiffré, aussi, le nombre d’emplois sacrifiés : entre 12.000 et 13.000, soit plus de 15% des effectifs mondiaux. Où ? En France, l’inquiétude est vive et les travailleurs ont annoncé qu’ils partiront en grève le jeudi 15 février. L’offensive, dit-on, est toujours la meilleure des défenses.

Sources : Les Echos du 8 février 2007 et De Standaard et Financial Times du 10 février 2007.